Le 18/02/2002

Effectif, sécurité, médecin et nouvelle lettre à Mr l'inspecteur du travail

 

Monsieur l'inspecteur,

Sans réponse à notre dernière lettre du 4 janvier 2002, nous avons appris votre communication téléphonique avec notre directrice, et votre demande de réponse écrite de sa part aux questions que vous lui avez posées, que nous aimerions connaître. Informé également de votre venue au mois de mars prochain, les représentants du personnel au CHSCT désirent évidemment vous rencontrer.

Par rapport au courrier de notre directrice du 31 janvier 2002, il nous faut vous apporter certaines précisions.

La sollicitation le week-end de l'astreinte de la manutention est en réalité du travail programmé. De plus, si les périodes de fonctionnement de la tranche sont aléatoires, il n'en reste pas moins que l'organisation nécessaire au fonctionnement doit pouvoir répondre à une sollicitation maximum pour préserver les conditions de travail des agents du service. Quant au prétendu renforcement de cette équipe dont parle madame la directrice, il faut savoir que des agents d'autres unités auraient été intéressé pour venir travailler à la manutention à Vaires, mais la réduction de l'effectif de la centrale prime sur tous les autres problèmes, même en ce qui concerne la sécurité.

Comment les agents des autres services pourraient-ils aller renforcer la manutention, alors que leurs propres services souffrent du même mal. Comment auraient-ils le désir d'aller vers un service où les conditions de travail sont à un tel point dégradées, et de surcroît sans perspectives d'évolution de carrière, puisque les agents de la centrale sont pour la plupart déjà au-dessus de la technicité requise.

Nous apprenons ces jours ci, que la direction cherche des volontaires dans les autres services afin de pallier au manque d'effectifs en prévision des congés de cet été. Pourtant d'autres solutions existent que nous avons déjà proposé, par exemple l'embauche de jeunes en partenariat avec d'autres sites, qui pourraient se former et travailler à Vaires pour ensuite à la fermeture de la tranche partir vers la centrale partenaire.

Sur les prestataires externes, le CHSCT est intervenu à de nombreuses reprises pour que la sécurité, l'environnement et la législation soient respectées notamment sur le déchargement des rames de charbon, la conduite des locotracteurs, la fermeture des wagons, le chargement des cendres sur le parc, etc.

Si le changement d'organisation à la manutention à bien été porté a l'ordre du jour du SCMP du 20 novembre 2001, il n'en reste pas moins que l'organisation avait été modifiée depuis le début de ce même mois, sans aucune concertation des organismes concernés. Les représentants du personnel en SCMP ont estimé devoir demander l'avis du CHSCT concernant la modification des conditions de travail qu'entraînait cette réorganisation.

La question sur le roulement d'astreinte à la manutention était à l'ordre du jour du CHSCT du 21 juin, à l'initiative des représentants du personnel qui souhaitaient revenir à un roulement d'astreinte à quatre semaines, pour en améliorer les conditions de travail et non pour les dégrader encore davantage, ce qui nécessite un renforcement en personnel. Mais la question de la réorganisation n'y a pas été abordée.

Nous rappelons que la manutention est composée actuellement de six agents pour effectuer une astreinte en équipe de deux agents toutes les quatre semaines.

C'est mathématique, deux fois quatre font huit !

Sur l'équipe conduite :

Les calculs de madame la directrice ne veulent pas dire grand chose, en effet il faut réaliser ses calculs individuellement. Le service conduite est composé actuellement de 28 agents, 11 chargés de contrôles et de manœuvres, 8 chargés de bloc, 2 chargés de bloc et de consignations et 7 chargés de quart, répartis dans 6 équipes.

Les remplacements concernent la population des chargés de bloc et chargés de manœuvres, puisque les chargés de quart sont au complet plus un agent. C'est donc actuellement sur 21 agents que portent les heures supplémentaires (cf. avenant du 27 octobre 2000), et l'on est pas certain que les remplacements ne sont pas effectués le plus souvent par les mêmes agents.

Durant l'année 2001, l'effectif hors chargés de quart est passé respectivement de 28 en janvier à 24 en avril, 22 en juillet et 21 en octobre ( chiffres organigramme).

Soit en moyenne (28+24+22+21) / 4 = 23,75 agents pour effectuer le travail des 32,98 agents selon le calcul de madame la directrice.

Soit un nombre d'agents à remplacer de :

32,98 d'effectif moyen &endash; (23,75 hors chargés de quart + 7 chargés de quart) = 2,23 agents

ce qui correspond à un nombre d'heures de :

30,59 heures de temps hebdomadaire moyen * 45,27 semaines travaillées * 2,23 agents à remplacer = 3 088,12 heures de remplacement à effectuer

avec selon les calculs de madame la directrice :

- temps de travail hebdomadaire moyen de 30,59 heures

- un nombre de 45,27 semaines sur l'année

donc par agent :

3 088,12 / 23,75 = 130 heures supplémentaires en moyenne dans l'année.

Un autre raisonnement revient aux erreurs de calcul prêt au même résultat :

Pour l'année 2001, l'horaire normalement travaillé par les agents de conduite était de 54 886 heures nous dit madame la directrice dans sa lettre du 31 janvier 2002.

Ce qui correspond pour les agents de conduite hors chargés de quart à :

7 chargés de quart à 32 heures donne :

32 heures * 45,27 semaines * 7 agents = 10 140,48 heures

soit :

54 886 heures normalement travaillées &endash; 7 104 heures de congés &endash; 10 140,48 heures effectuées par les chargés de quart = 37 641,52 heures effectuées par les autres agents

Les agents hors chargés de quart ont effectué en horaire de quart :

32 heures * 45,27 semaines * 23,75 agents = 34 405,20 heures sur l'année

soit :

37 641,52 &endash; 34 405,20 = 3 236,32 heures supplémentaires

Donc par agent :

3 236,32 / 23,75 = 136,26 heures supplémentaires en moyenne sur l'année.

Ceci démontre qu'il faut regarder les heures effectivement pointées par chaque agent et non pas se lancer dans des calculs qui risque de se révéler inexactes par rapport à la réalité.

C'est pourquoi nous demandons à madame la directrice de vérifier et de nous faire parvenir les chiffres exacts découlant du pointage des agents.

Par ailleurs, madame la directrice parle dans sa lettre de modification de la période de référence annuelle du pot d'heures, ce qui entraîne une modification de l'avenant, et qui doit se faire par une révision de l'avenant à l'accord local d'unité Ile de France et Nord conformément à son article V.4.

La séance du premier CHSCT de l'année était prévue le 14 février. Les représentants du personnel au CHSCT ont décidé de ne pas le tenir. En effet, en l'absence de médecin du travail, qui a démissionné, nous considérons que les principales questions à l'ordre du jour nécessitent un avis médical qui nous fait défaut pour prononcer un avis, d'autant que la révision qui s'annonce en mars, où des chantiers amiante vont se dérouler peuvent nécessiter un suivi médical spécial qui en l'absence de médecin ne peut être défini. Les retards dans les visites médicales amènent également à un questionnement du personnel qui craint pour sa santé.

Les conseils et les avis d'un médecin du travail connaissant le site et les risques qui y sont présents, sur des dossiers tel que celui des produits dangereux, des produits cancérigènes, de la légionelloses, de la sécurité, de l'hygiène, des conditions de travail, etc. sont autant de renseignements qui font défaut aux représentants du personnel au CHSCT pour remplir les missions qui leurs incombent.

Enfin après la période ou il a fallu attendre 1 an avant d'avoir un médecin du travail attitré, nous ne voudrions pas que cette situation se reproduise, et nous devons agir afin que l'on retrouve un médecin très rapidement.

Bien sûr, afin de défendre les intérêts du personnel et garantir les conditions de travail, l'hygiène et la sécurité sur le site, les représentants du personnel redoubleront de vigilance pendant la période de révision.

Dans l'attente d'une réponse, nous vous prions d'agréer, Monsieur l'inspecteur, toutes nos salutations distinguées.

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