Le 13/03/2002

Entrave au CHSCT - Nouvelle lettre à l'inspecteur du travail

 Monsieur l'inspecteur,

En réponse à votre lettre du 19 février 2002, nous désirons apporter certaines précisions afin d'éclairer votre avis.

La pers 961qui régit le CHSCT à EDF, précise dans son article 114 la compétence du CHSCT en matière de conditions de travail.

L'article spécifie entre autre que le CHSCT est compétent sur :

- L'organisation matérielle du travail (charge de travail, rythme, pénibilité des tâches, élargissement et enrichissement des tâches).

L'évolution des entreprises et les progrès techniques conduisent à l'élargissement de ce domaine de compétences aux problèmes touchant aux nouvelles technologies et à leurs incidences sur les conditions de travail. Il en est ainsi avant toutes décisions d'aménagement important modifiant les conditions d'hygiène et de sécurité ou les conditions de travail et, notamment, avant toute transformation importante des postes de travail découlant de la modification de l'outillage, d'un changement de produit ou de l'organisation du travail, avant toute modification des cadences et des normes de productivité liées ou non à la rémunération du travail.

Le code du travail s'appliquant lui aussi à EDF, stipule quant à lui dans son article L. 236-2 :

Le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail est consulté avant toute décision d'aménagement important modifiant les conditions d'hygiène et de sécurité ou les conditions de travail et, notamment, avant toute transformation importante des postes de travail découlant de la modification de l'outillage, d'un changement de produit ou de l'organisation du travail, avant toute modification des cadences et des normes de productivité liées ou non à la rémunération du travail.

Il nous semble donc que le CHSCT est bien concerné par la modification de l'organisation du travail.

Cette question n'a pas été débattue en CHSCT, les représentants du personnel ont simplement déclarés qu'ils considèrent que le roulement d'astreinte à trois semaines n'est pas adapté à des conditions de travail acceptables de ce service.

La direction n'a jamais informé le CHSCT qu'elle comptait en modifier le roulement d'astreinte, pour le passer à quatre semaines. Ce qui nécessite suivant l'avis des représentants du personnel du CHSCT une augmentation de l'effectif pour des conditions de travail acceptables.

Il nous semble que les conditions de travail actuelles de la manutention pourraient amener à des accidents graves, et pourraient mettre en cause la responsabilité de l'employeur évidemment, mais aussi celle des services qui ont la charge de la vérification de l'application de la loi, un peu comme dans l'affaire de l'usine AZF à Toulouse, où les inspecteurs de la DRIRE sont sur la sellette.

Extrait du rapport de la commission d'enquête sur la sûreté des installations industrielles, bulletin n° 3559 du 29 janvier 2002 de l'assemblée nationale :

" La DRIRE doit prendre en compte la dimension humaine et sociale et les problèmes posés par l'organisation du travail et la formation des salariés dans les installations qu'elle contrôle et dans les recommandations qu'elle formule. Par exemple la baisse constante des effectifs organiques, ramenés à un niveau minimum suffisant pour un fonctionnement normal mais inadapté pour faire face à une situation de crise ou pour permettre le déroulement de plans de formation satisfaisants, devrait être mentionnée comme un facteur aggravant du risque.

En résumé, il faut rompre le tête-à-tête actuel pouvoirs publics/directions d'entreprises. "

Nous vous prions d'agréer, Monsieur l'inspecteur, toutes nos salutations distinguées.

Vaires le 07 03 2002

Les représentants CGT-GNC du CHSCT

 

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