Le 25/06/2002

Interessement 2002 - 2004: La CGT ne peut approuver l'arnaque.....

Quand bien même par sa présence à toutes les réunions la CGT a contribué à l'amélioration des critères de l'intéressement et permit d'éviter la stratégie antérieure du " couperet "qui de façon binaire faisait que le critère était ou non atteint, elle n'a pas signé l'accord de l'UP IdF & Nord

 

Pourquoi ? :

A la fois parce qu'exclue de toute possibilité locale de signature de part la constitution de l'accord national mais aussi plus philosophiquement parce que depuis 1986, l'intéressement fait de plus en plus partie des éléments de rémunération complémentaires qui constituent un véritable salaire différé (de 5 ans) pour les agents qui ont les moyens de le placer.

De ce point de vue, même si une grande partie du personnel le place, il faudrait, pour mesurer la fracture sociale que l'intéressement contribue à renforcer, avoir une idée du classement des agents qui le placent et bénéficient de l'abondement.

Même sans cela il est déjà une fracture inacceptable, c'est celle entre les actifs et les inactifs et les pensionnés (veufs et veuves ou orphelins d'agents) dont les dossiers étudiés en Sous-commission prestation pension font apparaître des situations sociales critiques.

Et si nous avions le choix ?

A bien y regarder : qu'avons nous gagné et qu'avons nous perdu avec l'intéressement ?

Le principal piège de l'intéressement c'est que nous touchons une prime sur le dépassement d'objectifs qui oublie de prendre en compte la reconduction des gains de productivité des années précédentes et la stratégie des directions est de nous entraîner dans des débats sur les critères de décentralisation et d'individualisation : ce n'est pas le plus important même si nous ne devons pas pour autant nous en désintéresser.

Il est vrai qu'à l'instant " t " entre le capital que constitue l'intéressement abondé et la maigre augmentation de salaire il n'y a pas photo.. et pourtant …. :

- Une augmentation de salaire de 1% au bout de 5 ans conduit à récupérer le capital de départ (sauf les intérêts s'il y en a).

- Une augmentation de salaire est pérenne et constitue la poursuite de la rémunération qui se reproduit et s'accumule.

- Au bout de 15 ans cela nous donnerait 15% d'augmentation de salaire. C'est exactement le niveau de perte de pouvoir d'achat du salaire national de base depuis que l'intéressement existe !

- C'est 15% de salaire d'inactivité en plus, 15% de plus pour améliorer la sécu et la mutuelle.

D'autres arguments permettraient encore de confirmer que la démonstration n'est plus à faire que l'intéressement est une stratégie qui permet aux directions de décrocher les salaires de l'évolution des prix et qui permet de plus de ne pas intégrer dans les salaires une partie des gains de productivité qui sont pourtant bien le fruit du travail des agents et la conséquence d'une augmentation des qualifications.

Quelques chiffres :

Depuis 1986 l'intéressement était pour l'essentiel basé sur la baisse du prix de revient du kWh.

D'après les calculs effectués par un cabinet d'experts, de 1987 à 1998, le prix de revient du kWh d'EDF en francs constants a diminué de 33,45% et le cumul des économies réalisées se monte à 559,7 Milliards de F (près de 3 fois le chiffre d'affaire de l'année 97).

Pendant ce temps l'intéressement versé aux agents (abondement compris) n'a représenté que 7 Milliards de F.

En prenant en compte les résultats de GDF qui ne veut pas communiquer ses chiffres pour cause de confidentialité tarifaire, le même cabinet estime que les agents n'ont reçu que 1% des économies totales d'EDF et GDF.

La démonstration mathématique, que l'intéressement est un marché de dupe, est donc faite.

Mais les directions veulent aller plus loin et changer les règles :

Jusqu'ici les critères d'intéressement étaient basés sur la baisse du prix de revient du kWh pour 70% et sur des critères locaux pour 30%.

Les directions veulent aujourd'hui inverser totalement l'ordre des facteurs en diminuant la part nationale pour plus décentraliser et individualiser en créant trois niveaux de critères (Part groupe, part nationale EDF par pôle ou direction nationale, part unité.

Le critère national serait changé et passerait de la baisse du prix de revient du kWh à l'évolution du ratio EBE/CA (Excédent Brut d'Exploitation/ Chiffre d'Affaire.

Si la baisse du prix de revient du kWh était déjà un marché de dupe pour les salariés dans le sens où on leur promettait une prime qui pouvait être la conséquence d'une baisse de la masse salariale, avec le nouveau ratio c'est pire !

L'Excédent Brut d'exploitation [EBE = Chiffre d'Affaires - (achat de matières premières + coût de la sous traitante + charges de personnel)] dépend de plusieurs éléments pour lesquels nous ne sommes aucunement maîtres par notre " efficacité au travail ".

En effet, plus EDF et GDF vont sous traiter les activités, moins l'intéressement sera important et plus les effectifs EDF GDF ainsi que les salaires montent, moins il y a d'intéressement.

Le Chiffre d'affaire dépend pour l'essentiel de l'évolution des tarifs que nous ne maîtrisons pas et d'une ouverture à la concurrence que nous combattons.

Pour une réelle reconnaissance des qualifications

- La première évidence c'est que dans des entreprises qui font de tels gains de productivité il est indécent de ne pas, a minima, maintenir le pouvoir d'achat du salaire national de base et de ne pas intégrer dans les salaires une partie des gains de productivité consolidés.

- Il faut donc ouvrir des négociations salariales qui repositionnent les niveaux de salaires en lien avec les qualifications réelles et ce qui se pratique dans des entreprises de technicité comparable (-36% par rapport au salaire moyen chez ELF.

- L'intéressement ne peut se concevoir que quand cela ne remet pas en cause l'évolution des salaires (-15% de pouvoir d'achat depuis 86 )

- Si intéressement il y a : il doit concerner à l'identique actifs, inactifs et pensionnés.

- Les critères doivent être le plus centralisés possible pour maintenir la cohésion de l'entreprise intégrée.

C'est à cela que la CGT souhaite contribuer,

C'est pour cela qu'elle appelle à l'unité d'action avec les autres organisations syndicales.

 

 

Haut de page