Un management trés contesté

Le 26 Septembre, le directeur de la DSIN rencontre le personnel dans un contexte qui a rarement été aussi perturbé.

L'ordre du jour de cette réunion en est d'autant plus d'actualité : comment concilier les exigences de sûreté, l'opinion publique et l'ouverture à la concurrence ?…

Vaste débat quand on sait la contradiction qui existe entre le fait de maîtriser l'ensemble des données concernant la sûreté d'exploitation et la pression continue exercée dans les services pour optimiser la disponibilité des tranches.

De plus, et sans entrer dans la polémique qui nous oppose à la direction sur la question de l'ouverture à la concurrence, le seul moteur qui assure la maîtrise de l'exploitation est le personnel. Son combustible est le social dans tous ses aspects : sérénité, confiance collective et surtout la prise en compte des exigences en terme de reconnaissance, classifications, salaires, effectifs…

La situation que vit le site est certes difficile et doit être rapidement traitée. Mais, il nous semble indispensable de rappeler à la direction locale que cela doit être fait en toute connaissance des causes. Il serait dangereux de vouloir régler les problèmes du site en faisant tout simplement "table rase du passé".

Les constats de l'EGS et ceux, répétés de la DSIN, rejoignent l'ensemble des appréciations qu'ont pu faire le personnel, et par extension les O.S, du risque qu'encourait le site au travers des réorganisations diverses et variées qui nous ont été imposées avec un seul but avoué : la réduction du coût du KW/h pour faire face à la "concurrence".

La claque que viennent de prendre les lobbies pétroliers et gaziers au travers de l'augmentation énorme du baril de pétrole nous rappelle combien la CGT avait raison de dénoncer la futilité des discours de la direction sur la nécessité de baisser coûte que coûte le prix du KW nucléaire.

Le seul danger pour le nucléaire se situe dans les choix politiques que font l'Etat et nos directions.

Le manque d'écoute vis à vis du personnel associé à une réelle déficience de dialogue social aboutit bien évidemment à une usure des agents qui se sentent (à juste raison) dépossédés des moyens d'assurer leur mission en Service Public.

Il nous semble tout à fait hors de propos de vouloir faire porter la responsabilité de la situation au personnel. La manière qu'a eu la direction de vouloir mettre en avant, publiquement à la CLI ou dans les médias, les comportements individuels et collectifs, le manque de rigueur ou encore les conflits sociaux nous paraît totalement inacceptable.

Dans l'état actuel des choses, faire des agents les lampistes relèverait plus d'une détermination d'utiliser la situation pour pérenniser les choix du passé que d'une réelle volonté de relever nos résultats en terme de sûreté et de sécurité.

Ces questions, nous les avons posées lors du CMP du 13 Septembre où nous avons réaffirmé notre volonté de voir les problèmes auxquels nous sommes confrontés se régler au mieux, en tenant enfin compte de l'avis des agents quant aux réajustements organisationnels et sociaux qu'il est urgent aujourd'hui de mettre en œuvre.

Aujourd'hui, la question qui nous est posée est celle des moyens et par-dessus tout de la volonté d'y arriver.

Nous avons proposé à la direction d'œuvrer dans ce sens. Même si elle se veut rassurante dans le discours, il semble que le passif pèse si lourd dans le management que rien ne semble vouloir changer dans les sections et services. Si ce n'est l'apparition de "phénomènes de flicage" et d'un comportement répressif envers ceux qui n'hésitent pas à s'exprimer : ce sont de "dangereux agitateurs" !!!…

Ainsi, on comprend mieux que les directions soient restées sourdes aux arguments apportés par les OS et ses collègues dans le dossier de Sébastien DUMON : il est un premier avertissement, le traitement de son cas est une menace pour tout le personnel…

Tous ceux qui connaissent le site, y compris la DSIN, savent que le potentiel de savoir-faire et de compétence y est réel. Ils savent aussi bien combien les réformes répétées ont marqué les esprits.

 

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Sureté Nucléaire