"Pour un
syndicalisme durable" ou la trahison des siens
Le
texte ci dessous est le commentaire de P Vergos (militant de
la CGT) Certes
M. Cohen se donne toujours une image de défenseur
d'entreprise publique voire même, avec l'aide de son
complice Pascal Pogam, de « personnage
incontournable du paysage énergétique
français ». Mais on ne trouvera pas dans ce
livre, dont on ne sait pas à qui vont les droits
d'auteur, l'éloge de la loi de nationalisation et de
notre statut, qui apparaissent d'autant plus modernes que
l'on s'enfonce dans des rapports sociaux dignes du XIX
siècle et que l'insécurité
économique augmente. Pas plus qu'on ne trouvera
d'appel à la résistance face à
l'autisme brutal des libéraux. La loi de
nationalisation voulue par le communiste Marcel Paul et le
statut du personnel ne sont pas le socle du
réformiste Cohen, du passé il fait quasiment
table rase notamment en ce qui concerne la...
CGT. Page
120. Il faut imaginer ce que représente ce virage
stratégique pour une organisation (la CGT)
habituée à fonctionner en vase clos depuis des
décennies... Page
122. La CGT doit passer du syndicalisme bouclier au
syndicalisme intelligent. Page
130. Il n'y a plus vraiment de place pour le
manichéisme à l'ancienne. Page
174. Les choses doivent évoluer, car nos
schémas de pensée datent pour la plupart du
siècle passé : cessons de parler de
défaites ou de désaveu lorsque les
salariés ne sont pas du même avis que nous,
cessons d'imposer aux gens des solutions toutes faites et
surtout, surtout, apprenant à dire autre chose que
non ! Page
176. Les salariés ne veulent plus de syndicalistes
à l'ancienne, qui se contentent de dire non à
tout et d'appeler à la grève en montant sur
leur tonneau. Page
178. J'ai voulu nous éviter de retomber dans le
syndicalisme tribunitien. Quant
à l'UFICT le jugement est aussi sans appel :
Page
141. Chez nous, je considère par exemple que l'UFICT
a du mal à se démarquer d'une démarche
égoïste, consistant à défendre
d'abord les intérêts des cadres
statutaires. On se
demande comment la CGT a pu devenir le premier
syndicat de France, avec des syndiqués CGT (qui
apprécieront) au comportement égoïste,
manichéen, poujadiste, qui sont capables que de
dire « non » et même qui ne
sont pas intelligents ! On n'ose pas imaginer ce qu'il pense
des autres salariés syndiqués ! Par contre la
CFDT s'en sort bien : Page
127. Je n'oublie pas pour autant ce que la CFDT a pu nous
apporter. Je dirais même qu'elle nous a appris le
réformisme, au bon sens du terme. Page
127. Après tout, si la CFDT n'avait pas signé
l'accord de 1987, je ne toucherai peut-être pas
d'intéressement à l'heure qu'il est
! L'efficacité
du réformisme c'est : Page
123. Lorsqu'on s'inscrit dans la discussion, lorsqu'on
accompagne les réformes, on s'aperçoit
très vite qu'on est en mesure de peser sur les
choix. Ce qui le
conduit à accompagner (collaborer avec) le monde
économique voulu par la commission de Bruxelles :
bras séculier du capitalisme. Page
29. En se creusant à un peu la cervelle, nos deux
entreprises auraient pu adopter une posture originale leur
permettant de s'épauler tout en respectant les
critères imposés par Bruxelles. Je m'explique
: en prenant une participation dans l'Italien Montedison
EDF a par exemple hérité
d'intérêts gaziers en Libye et en
Égypte. Une façon de transformer notre optimum
hexagonal en optimum européen. Page
32. Dans l'Europe de l'énergie en construction,
comment faire de EDF et de GDF des groupes comme les autres,
sans leur faire perdre en route le sens de
l'intérêt général, qui a toujours
caractérisé nos monopoles historiques ? Il y a
là une forme d'organisation a
inventer... Page
54. Proposer la CNR, la SNET ou la SHEM à des
sociétés étrangères, pour leur
permettre de s'implanter dans l'hexagone et faire taire les
critiques de Bruxelles, pourquoi pas. La loi de
nationalisation n'étant pas le socle du
réformisme, Monsieur Cohen, après s'être
débarrassé du passé peut donc
réfléchir au futur et par-là accepter
(collaborer avec) la construction libérale de
l'Europe : Page
22. Si nous voulons que ça change, il nous faut
continuer à expliquer à anticiper les
bouleversements futurs. Bref, ils n'ont faut parler
d'avenir. Page
32. Si quelqu'un est capable de me démontrer par A+B
qu'une ouverture partielle du capital répond en
premier lieu à des impératifs de
développement, si l'on me prouve qu'elle facilite des
alliances intelligentes, je suis prêt à
regarder. Ce
quelqu'un c'est lui même, voir en suivant Page
34. Page
34. Je me dis que les échanges d'actions
faciliteraient par exemple les coopérations
industrielles et commerciales. Observez ce qui se passe dans
le secteur aérien : personne ne voulait nouer de
partenariat avec notre compagnie nationale quand elle
était 100 % publique. Les choses ont changé
après l'ouverture du capital d'Air France et
aujourd'hui, je suis bien obligé de reconnaître
qu'une alliance comme SkyTeam me paraît
intelligente. Page
35. Intellectuellement, la filialisation, et pourquoi pas la
mise en bourse des activités internationales
paraît séduisante. Page
37. Ma conception de la nationalisation repose de plus en
plus sur la notion de maîtrise publique et
sociale. Page
38. À ceux qui veulent changer le statut de EDF et de
GDF, ouvrir leur capital, je dis
: O.K., parlons-en. Page
65. Il s'agit de réhabiliter l'idée de
coopération entre opérateurs d'un même
secteur d'activité, qu'ils soient publics ou
privés. Page
75. Question : si je vous entends bien, la
dérégulation peut être une source de
progrès pour l'opérateur national ?
Réponse : je suis obligé de le
reconnaître. Page
84. Une forme d'expansion éthique ne se
justifie-t-elle pas lorsque ses retombées
bénéficient aux populations locales ? Vu sous
cet angle, il devient plus difficile de condamner les
investissements de nos opérateurs à
l'étranger ! L'entreprise
EDF GDF d'avant le réformisme ne s'en sort pas mieux
que la CGT. Page
71. La question importante à mes yeux, c'est celle de
la maîtrise publique. Et sur ce point, je
considère que EDF est loin d'avoir été
un modèle de renvoie aux usagers. -En
matière de décentralisation, tout reste
à faire. -Il n'y
a aucune immersion dans la réalité
locale. -Les
élus devraient être associés aux
décisions. -Je
pense en tout cas que ces décisions ne
répondent pas toujours à ce besoin de
proximité. -D'une
façon générale, je considère que
EDF ne donne pas assez de pouvoir aux
élus... -Selon
moi, les nouvelles règles du jeu vont forcer EDF
à prendre un peu mieux en compte les exigences
locales. S'il ne le fait pas, des opérateurs
décentralisés le feront mieux que
lui. -Faisons
en sorte que les élus ne soient pas tentés de
se tourner vers d'autres opérateurs que
EDF. On se
demande comment on peut d'un côté se proclamer
défenseur d'un service public qui a fait ses preuves
et de l'autre admettre l'existence d'autres
opérateurs privés ? Car quelque soit
« l' opérateur » choisi, il
n'y aura toujours qu'un seul câble pour alimenter une
installation. L'usager, transformé en client,
habitant la région toulousaine qui achète son
« produit électricité » au
pied de l'Acropole se verra privé
d'électricité lorsque Golfech cessera de
produire et ce quelque soit le contrat de
qualité négocié avec le
fournisseur! Il faut être un intégriste
du « marché » pour croire que
l'électricité produite en Grèce va
traverser l'Europe pour alimenter le client toulousain. Les
opérateurs privés ne doivent leur existence
qu'aux surcapacités de production d'EDF, vendues sur
le marché « Powernex » avec la
bénédiction de la directive de
« gauche » et imposées par
Bruxelles pour « fluidifier le
marché ». Si EDF est
de plus en plus critiquable c'est bien de la volonté
de M. Roussely qui ne cesse de détruire l'entreprise
en multipliant les réformes les unes après les
autres. Roussely
c'est : le fruit du travail des salariés et
l'argent des usagers englouti à coup de milliards
dans des gouffres financiers pour la simple conquête
de marchés et qu'il faudra rembourser, ce sont les
réformes incessantes qui désintègrent
l'entreprise et brisent les liens internes de
solidarité envers le service public, c'est le
président qui après s'en être
défendu plaide maintenant pour une ouverture du
capital (« ouverture du capital » est le
terme employé par la
« gôche » de Lionel Jospin pour
éviter de dire « privatisation
partielle »), ce sont des salariés et des
usagers qui vivent une situation dégradée,
c'est le stress, la démotivation, les coupes sombres
dans les effectifs, la chute du pouvoir d'achat, la chute de
la qualité du service public, les attaques contre les
acquis sociaux et les garanties collectives. Par
contre aux yeux de Monsieur Cohen Monsieur Roussely est un
PDG très fréquentable, quand cela ne va pas
c'est évidement pas de la faute de son
président. Page
180.A mon avis, EDF en a connu deux : Marcel Boiteux et
François Rousselly. C'est-à-dire le
président historique, celui qui a jeté les
bases de la tarification et les grands principes de
l'entreprise ; et le président qui a permis de faire
avancer les choses, fort du soutien de Lionel Jospin et de
la marge de manuvre que lui a donné la reprise
du dialogue avec la CGT. François
Rousselly a aussi une réelle vision
stratégique. Page
21. Le président François Rousselly avait
décidé de rassembler 15 000
salariés de l'entreprise au palais des sports de
Bercy. Un grand raout pour tout se dire, les yeux dans les
yeux. Dix-huit mois plus tard, rien n'a été
fait pour apaiser les inquiétudes exprimées.
C'est une insulte à l'intelligence ! On a
fait croire aux salariés que leurs réflexions
pouvaient changer le cours des choses... Moi-même j'y
croyais... L'espoir
suscité à Bercy est mort, parce que le
management et les chefs d'unité n'ont pas joué
le jeu. Le
réformisme c'est aussi les nouvelles pratiques
syndicales en particulier le : Page
119. Dire aux salariés : ce que vous voulez, nous le
voulons n'est pas une démarche
démagogique. Mais c'est
la définition de la démagogie !
On n'a pas
demandé aux salariés s'ils voulaient que l'on
remplace dans les statuts de la CGT : P6 du carnet
d'adhérent : « à la CGT, les grandes ou
petites décisions, les orientations, les objectifs
les moyens sont décidés par les
syndiqués. », « au moment de la
décision c'est celle de la majorité des
syndiqués qui prévaudra » par le «
ce que vous voulez nous le voulons ». On n'a pas
demandé aux salariés s'ils voulaient que l'on
change les pages 9 et 12 du carnet d'adhérent CGT :
« la CGT agit pour une société
démocratique, libéré de l'exploitation
capitaliste et des autres formes d'exploitation et de
domination », « elle combat l'exploitation
capitaliste et toutes les formes d'exploitation du salariat
» par introduction en bourse, échange d'actions,
adossement public-privé, donner des entreprises
publiques au privé, collaborer à la
construction libérale de Bruxelles... Une des
premières mesures prises par Margareth Tatcher pour
affaiblir les syndicats a été de promulguer
une loi faisant en sorte que certaines décisions ne
soient plus prises par les syndicats (donc les
syndiqués) mais par l'ensemble des salariés.
La manuvre est évidente : l'ensemble des
salariés décide en fonction des médias.
En France depuis la "gôche" plurielle
l'écrasante majorité des médias est
entre les mains des adhérents du Medef. Par le
« ce que vous voulez nous le voulons »
le loup Medef est entré dans la bergerie CGT comme il
est entré dans la bergerie l'Humanité (journal
auquel collabore Mr Cohen) lorsque ce journal a
décidé d'ouvrir son capital au marchand de
canons Lagardère, entre autres. C'est
avec cette formule démagogique « ce que vous
voulez nous le voulons » que le réformisme
montre son côté pernicieux qui anticipe et
accompagne les réformes du libéralisme.
Après la soit disant « directive de
gauche », masquée par la loi sur les 35
heures, la triste affaire du relevé de conclusion sur
le supposé problème des retraites en est la
preuve. Page
138. Je pense par exemple que la profession ne pourra pas
justifier longtemps un taux de cotisations salariales de 7,5
% alors que celui des salariés du secteur
privé avoisine 12 %. Au nom de quoi
un agent EDF paierait-il moins que les autres pour sa
retraite ? Au nom de
quoi les salariés du privé cotiseraient
à 12% alors que le PIB a augmenté entre 1993
(année où le supposé problème
des retraites est apparu) et 2001 de 38%, et
augmentera d'ici à 2040 (année supposée
de la catastrophe) de 50% selon les chiffres des
libéraux,pour une augmentation de la population de
3% ! Au nom de
quoi les agents EDF/GDF devraient cotiser à 12% alors
que le président de la République, lui
même, a fait cet aveux le 14 Juillet 2003 :
« Nous n'avons aucune idée de ce que sera
la croissance en 2015, d'une part, sur le plan de la
démographie et, d'autre part sur le plan de la
croissance. Cela ce sont que des affirmations. Il y aura
certainement des efforts à faire, mais il n'est pas
question de les engager avant que nous sachions
réellement quelle sera la situation ».
Aveux confirmés par Raffarin et Mer qui après
avoir prévu une croissance de 2,5 % en 2004 la
révise à 0,8% ! Soit un écart de
plus de 300% ! Rappelons
que dans le relevé de conclusion il est marqué
noir sur blanc qu'il y a problème des retraites que
si on change les statuts de l'entreprise. Page
151. Depuis l'effondrement d'ENRON, on sait qu'il faut
être fou pour lier les retraites des salariés
à la santé financière de leur
groupe. Il a sans
doute échappé aux réformistes que tous
les gouvernements, y compris celui de
« gôche » de Jospin (qui a
privatisé autant que Chirac, Balladur et Juppé
réunis), n'ont eu de cesse de vider de sa substance
la retraite par répartition au profit des Fonds de
pension. Lesquels Fonds de pension en achetant des actions
d'entreprises côtées captent une partie des
richesses crées pour payer la retraite de leurs
bénéficiaires. Une action ( donc son rendement
et sa plus value) est étroitement liée
à la santé financière de l'entreprise
et à la spéculation. Comme on l'a vu plus haut
l'actionnariat ne fait pas peur à Mr Cohen, mais il
fallait ouvrir la voie à Messieurs Raffarin et
Roussely : Page
149. Question : Perçu à la fois comme le
premier volet de la réforme générale
préparée par le ministre des affaires
sociales, François Fillon, et comme une
première étape en vue de l'ouverture du
capital de EDF et de GDF, le vote du personnel a surpris pas
mal de monde. Avec le recul, regrettez-vous de vous
être autant impliqués ? Réponse :
absolument pas. Pas de
démenti aux affirmations du journaliste. Page
154. La négociation avait débouché sur
un compromis équilibré, susceptible de
satisfaire tout le monde : les patrons, parce que la
structure financière des entreprises s'en trouvait
allégée ; le gouvernement, par ce qu'une
discussion sur les retraites aboutissait enfin à
quelque chose ; mais aussi les salariés, car quoi
quand en dise, la plate-forme commune comportait quelques
avancées non négligeables et des garanties
appréciables. Page
154. Question : Vous voulez dire qu'en définitive,
les négociations engagées sur le mode de
financement vous ont permis d'améliorer le
régime lui-même ? Réponse : ça ne
fait aucun doute ! Ces
avancées qualifiées de « non
négligeables » se conçoivent dans le
statut futur de l'entreprise tel que voulu par le
relevé de conclusion, elles ne le sont pas par
rapport à notre statut actuel ! Page
152. Il fallait effectivement faire vite, pour éviter
que nos discussions viennent télescoper le grand
débat national sur les retraites. Page
153. Le relevé de conclusion qui a été
remis au gouvernement et qui doit servir de base à
une loi s'est construit sur des propositions et des
revendications syndicales. Page
175. Depuis le début, notre stratégie a
consisté à laisser les salariés peser
sur le cours des choses. Le
relevé de conclusion qui en a découlé
n'est ni à un projet patronal, ni un texte
gouvernemental. C'est le fruit des salariés, de leurs
revendications.(qui n'en veulent pas). Page
182. Le dossier des retraites la bien montré :
Rousselly voulait cette réforme, et quoi qu'on
dise, il a cédé sur de nombreux points pour
parvenir à ses fins. Page
163. Question : considérant que le relevé de
conclusion avait été approuvé par trois
organisations sur cinq, le gouvernement a
décidé de poursuivre la réforme de
votre régime de retraite. Ce qui relance la
polémique sur la notion d'accord majoritaire.
Avez-vous songé à saisir la justice, comme
vous l'aviez fait en 1997 ? Réponse : non. La
question ne s'est même pas posée puisque le
texte signé n'est qu'un protocole d'accord, sans
valeur juridique. Page
184. On l'a bien vu à propos des retraites : si les
responsables syndicaux n'avaient pas commencé par
sécuriser le dossier avec les politiques, le
relevé de conclusion n'aurait jamais vu le jour
! Les
réformistes avaient donc décidé
dès le début de ne pas faire ce que les
salariés voudraient en participant à des
négociations qui serviraient de base à une loi
libérale qui ne pourrait être annulée
légalement par le choix des salariés !
La formule
démagogique « ce que vous voulez nous le voulons
» a ses limites : Page
130. Il ne s'agit pas de se plier systématiquement
aux desiderata du personnel, mais d'enrichir notre relation
avec lui. Page
128. Je connais des endroits, en France, où l'on
compte seulement quatre syndiqués pour 500
salariés. Au nom de quoi ces quatre gars-là
décideraient pour les autres. Page
157. Je le répète : un accord d'entreprise ne
peut se réduire à l'accord des seuls
syndiqués. Page
158. Les syndiqués réagissent comme les autres
salariés. Ce qui est
en complète contradiction avec la phrase
précédente. Pour que
le « oui » l'emporte, donc pour faire
plaisir à messieurs Roussely et Raffarin le
réformisme ne recule pas devant certaines
manuvres : Page
160. Lorsqu'on épluche les résultats bureau
par bureau, on voit bien qu'il n'y a aucune cohérence
des votes par rapport aux consignes locales. Page
161. La CGT s'est donnée la peine d'expliquer les
enjeux du dossier, sans jamais imposer son point de vue aux
salariés. Sauf aux
salariés CGT, à moins que M. Cohen ne
s'exprime au nom des autres fédérations
signataires. L'aspect
légèrement démocratique du
« ce que vous voulez nous le voulons »
disparaît à l'aune des faits : Page
203. J'ai voulu prouver qu'il était possible
d'organiser sa succession en douceur, le plus naturellement
du monde. Dans la
vie de tous les jours, il faut montrer que la
démocratie est une réalité de
l'organisation. Le
réformisme porte en lui le schisme. Reste à
savoir, pour l'avenir de notre syndicat, qui a perdu 15 000
adhérents en six ans, si on devient réformiste
par manque de discernement ou par volonté
délibérée d'affaiblir les organisations
auxquelles on adhére ? Page
87. Sous la bannière de l'antimondialisation, je sens
la fraîcheur et la mobilisation d'une jeunesse qui
veut faire bouger les choses. Je regrette que cette
fraîcheur s'accompagne de pratiques politiciennes
inspirées par des soixante-huitards attardés,
dont la soif de notoriété constitue la seule
ambition. José Bové, je le connais depuis plus
de quinze ans... A mon avis, le type de militantisme
médiatisé qu'il représente est
condamné. Je suis
convaincu qu'une mondialisation maîtrisée peu
permettre de vivre mieux. Ce n'est
pas ce qui a été constaté lors du
rassemblement du Larzac 2003 qui fort de ses 250 000
à 300 000 participants a complètement
marginalisé les partis dits de
« gauche » de plus en plus inquiets pour
leur avenir ! La mondialisation, quant à elle, est
maîtrisée par la Commission de Bruxelles,
l'OMC, la Banque Mondiale, le FMI, l'OCDE
etc
A propos
du Parti Communiste et de la CGT : Page
192. Les chiffres parlent d'eux-mêmes :
jusque-là, je reconnais que nous nous sommes
plantés. Mais il ne faut pas baisser les bras...
Selon moi, les électeurs se sont
éloignés de nous (le PC) parce que nous
nous sommes arrêtés au milieu du
gué. On l'a
compris, ce sont les électeurs qui n'ont rien
compris. Je ne suis pas sûr que la persistance
à prendre les électeurs pour des
imbéciles serve la cause du
réformisme. Pages
en 193. Si ce courant-là (les orthodoxes) avait
balayé celui de Robert Hue, qui me semble être
celui de la modernité, j'en aurais tiré les
conclusions qui s'imposent. À l'heure où je
vous parle, je ne serai plus dirigeant du
parti. Page
202. J'ai fait partie des gens qui ont
théorisé la nouvelle stratégie de la
CGT. Page
175. Je me serai vraiment inquiété si j'avais
perçu une remise en cause profonde de notre
démarche syndicale, alliant rapport de forces et
négociations, proposition et consultation. En ce cas,
nos tiraillements internes auraient fragilisé la
ligne défendue par Bernard Thibault au niveau
confédéral. Le
réformisme n'a pas l'intention de désarmer, il
ne répondra pas à la question :
« pourquoi 15000 adhérents nous ont
quittés ?». A l'heure
où un nombre grandissant de citoyens décident
de résister à l'horreur libérale,
où un nombre grandissant de salariés EDF/GDF
décident de résister à la
démolition de nos entreprises par des
présidents tels que Mr Roussely (on a compris
pourquoi Mr Raffarin garde un président acquis
aux thèses libérales et qui s'entend si bien
avec le secrétaire du syndicat majoritaire) le
réformisme a décidé, lui, de
collaborer. Cette collaboration est soulignée par le
manifeste, écrit par un collectif de hauts cadres,
signé « Jean Marcel
Moulin ». Depuis que la gauche plurielle a
promulgué cette loi scélérate sur la
confidentialité qui condamne tout salarié qui
divulgue des données économiques à de
lourdes peines pécuniaires, on ne saura pas qui est
derrière « Jean Marcel Moulin ».
Par contre l'allusion est claire, Jean Moulin était
le préfet chargé de coordonner les mouvements
de résistants français pendant qu'une partie
de la France collaborait,
« Marcel » fait référence
à messieurs Marcel Paul et Marcel Boiteux qui ont
bâti le service public que François
démolit. Ce ne sont
pas les réformistes, qui anticipent les
réformes des capitalistes libéraux et qui ont
élimé le Parti Communiste, qui vont
fédérer les résistances grandissantes.
Par contre Raffarin se sent naturellement plus
déterminé à poursuivre les
« réformes », il a attendu la
victoire des réformistes au congrès de
Montpellier pour lancer la réforme des retraites et,
comme il le dit lui-même clairement, il attend la
victoire du réformisme au congrès de Biarritz
pour poursuivre la transformation de nos entreprises.
Un
militant CGT : P. Vergos Je ne puis
m'empêcher de joindre ces fortes paroles (non
ciblées) de Dominique Voynet : « Je
n'aime pas les livres politiques. Je m'agace de ces ouvrages
qui ne constituent qu'une étape parmi d'autres d'une
campagne de communication destinée à
consolider l'image de l'auteur, ou à la
changer ; en tout cas à préparer
l'imaginaire du lecteur-électeur à d'autres
rendez-vous
Je doute de la sincérité de
l'auteur, quand son avenir politique en dépend. Nous
donne t-il à lire ce qu'il pense vraiment, ou ce que
ses électeurs veulent entendre, ou
ce qu'il
croit devoir leur confier »
« POUR UN SYNDICALISME DURABLE »
Entretien avec Pascal Pogam journaliste à La
Tribune.
En gras les extraits du livre