La CGT ne
"lachera pas le morceau"
DECLARATION
DE LA CGT MOBILISATION
GENERALE POUR LES RETRAITES Le
gouvernement a arrêté son projet de loi de
réforme des retraites. Il a décidé
malgré l'ampleur des mobilisations de passer en force
prenant ainsi la responsabilité d'un conflit social
majeur. La CGT,
comme d'autres organisations syndicales, n'a eu de cesse
d'appeler à l'ouverture de nouvelles
négociations, ce qui a été
systématiquement refusé. Ainsi le gouvernement
reste sourd à l'expression de plusieurs millions de
salariés tout au long de ces dernières
semaines. Il rejette avec suffisance et mépris toute
autre proposition qui s'écarterait de ses
orientations néfastes. L'avenir
des retraites constitue un choix de société.
Il relève d'un large débat démocratique
Le gouvernement veut passer outre l'opinion majoritaire des
syndicats qui représentent une majorité de
salariés. Curieuse conception du dialogue social ! Le
gouvernement veut intimer l'ordre aux syndicats de se taire
au nom de l'ouverture du débat parlementaire. C'est
un déni de démocratie. Les
organisations syndicales ont un rôle essentiel
à jouer tout au long du processus. Il n'est pas vrai
que la réforme du gouvernement va sauver notre
système de retraite par répartition. C'est
l'une des plus sévères parmi les
réformes appliquées en Europe notamment en
terme de baisse des niveaux de pension. Si les
dispositions actuelles étaient maintenues, nous
irions vers un effondrement du niveau des retraites des
salariés du privé comme du public,
doublé d'un allongement sensible de la durée
du travail. « Travailler plus pour une retraite moindre
» est inacceptable ! De fait, un tel choix ouvrirait la
porte à des systèmes par capitalisation
creusant les inégalités et approfondissant
l'insécurité sociale dans notre
pays. La C.G.T.
prend au mot le gouvernement. Il faut un effort vraiment
partagé. Les
salariés ont beaucoup donné ces
dernières années. Ce sont eux qui une nouvelle
fois financeront à 90% le « plan Fillon-Balladur
». Il serait juste et équitable de
négocier une hausse de la contribution des employeurs
assorties de nouvelles modalités pour qu'elles ne
pèsent pas sur les industries de main-d'oeuvre. Cette
question du financement est au cur de l'affrontement
sur les retraites. Il y a des
dogmes auxquels les gouvernements ne veulent pas toucher au
nom de la préservation des intérêts des
actionnaires. En tant qu'organisation syndicale nous ne nous
plierons pas à ce type de diktat qui remet en cause
les fondements de l'efficacité sociale de notre pays,
notre système solidaire de retraites. Ce qui est
juste, équitable et nécessaire, c'est
d'assurer un haut niveau de retraite par rapport aux
salaires (75 % et 100 % au niveau du SMIC), de garantir un
droit effectif à la retraite à taux plein
à 60 ans, de reconnaître un droit au
départ anticipé pour les salariés
exerçant des travaux pénibles ou ayant connu
des carrières longues, d'intégrer les
périodes d'études, d'apprentissage et de
recherche d'un premier emploi. La CGT
assume et assumera ses responsabilités dans
l'animation et l'élargissement de la mobilisation
pour faire face à l'intransigeance gouvernementale et
obtenir l'ouverture de vraies négociations. Les
nombreuses grèves et manifestations ont
déjà rassemblé des salariés du
secteur public et ceux du secteur privé, dont la
mobilisation grandit. Comme
l'indique la déclaration commune, les organisations
CGT, CGT-FO, UNSA, FSU appellent les salariés
à faire du 3 juin un rendez-vous majeur de
grèves et de manifestations. Elles sont prêtes
à donner, avec eux, à cette journée,
tous les prolongements indispensables." Seule une
action plus forte, plus large, inscrite dans la
durée, peut désormais faire reculer le
gouvernement et le MEDEF. La CGT appelle à une
mobilisation générale des salariés du
public comme du privé pour faire échec
à ce projet néfaste. Montreuil,
le 28 mai 2003