Le 28/06/2003

Aprés l'Angleterre, l'Italie . Et la France ?

Apres l'Angleterre, c'est au tour de l'Italie.

Avant de vouloir privatiser EDF, le gouvernement et le Patronat Français feraient bien de méditer les conséquences d'une telle décision. Apres les privatisations en Angleterre qui ont eu pour conséquence le doublement du prix de l'Electricité pour les consommateurs domestiques et une pénurie d'Electricité, les italiens sont en faillite, eux aussi, de production d'Electricité. EDF n'a pas été capable d'exporter vers l'Italie afin d'alimenter correctement les Français.

« Motus et bouche cousue » à la TV, ça gênerait le gouvernement de parler de ces choses là à quelques jours du Conseil des Ministres traitant de la privatisation d'EDF.

Bien sur, ça coûte cher de construire de nouvelles centrales mais ça coûte encore plus cher de manquer d'Electricité. Ce qui arrive à l'Italie aujourd'hui peut arriver à la France aussi. Pas une seule Centrale Thermique construite depuis 30 ans. L'arret du programme nucléaire par le précédent gouvernement socialiste pour faire plaisir aux écologistes. La mise à la poubelle par ces mêmes socialistes de Superphenix qui représentait l'avenir énergétique du pays. La décision du gouvernement de droite actuel de vouloir fermer plusieurs centrales classiques et de ne pas entretenir correctement les autres, nous conduisent tout droit à la catastrophe.

Ci dessous un dépêche de l'Agence France Presse qui décrit la situation en Italie.

Dépêche AFP :

Frappée par la canicule, l'Italie coupe le courant en "taches de léopard"

ROME, 26 juin 2003 (AFP) - De mémoire d'Italien, on n'avait jamais vécu une canicule aussi précoce en juin et jeudi, 5% du pays a été surpris par des coupures de courant décidées suivant la méthode dite "des taches de léopard" pour délester le réseau surchargé par une flambée prolongée de la consommation. La chaleur, qui oscille autour des 35°C depuis une vingtaine de jours, incite les Italiens à brancher force climatiseurs, ventilateurs et autres appareils réfrigérants. Faute d'information préalable, beaucoup d'usagers, un peu partout dans le pays, se sont retrouvés prisonniers d'un ascenseur, face à un congélateur rempli de victuailles en panne ou pris dans un embouteillage après que les feux tricolores se sont éteints. Plusieurs personnes ont été hospitalisées à la suite d'un malaise, comme à Brindisi (sud), où un habitant a été secouru pour une crise d'épilepsie dans un ascenseur bloqué. Un hôpital de Rome, le Villa San Pietro, a dû brancher d'urgence son groupe électrogène, et des commerçants se lamentaient devant leurs tiroirs-caisses muets et leurs rayons surgelés. "Je ne peux pas construire une centrale en une nuit", s'est défendu le ministre de l'Industrie, Antonio Marzano, en rappelant que "l'Italie n'a plus construit de centrales thermiques depuis dix ans". "Jusqu'à il n'y a pas si longtemps, on enregistrait des pics de demandes d'énergie seulement dans les heures ouvrables des journées d'hiver", a-t-il noté. L'Italie importe environ 6.300 MW/h pour une production nationale de 48.950 MW/h, selon la presse. Les coupuresont débuté dès 6H00 GMT dans plusieurs villes et se sont poursuivies suivant la méthode des "taches de léopard", c'est-à-dire délestant des secteurs les uns après les autres, sans préavis. Les autorités ont prévenu que ces "black-out électriques" d'une durée moyenne d'une heure et demie pourraient se reproduire dès vendredi à Rome où 350.000 usagers ont été touchés. Le ministre a invité ses compatriotes à attendre le soir pour faire tourner leurs lave-vaisselle et lave-linge. "Ne laissez pas votre téléviseur en veille. Ce sont des petites choses simples mais qui comptent", a-t-il dit. Le patron de la Protection civile Guido Bertolaso, "fort désappointé" de n'avoir pas été prévenu, a exigé des explications des responsables du réseau national, la société GRTN. Ces derniers affirment n'avoir appris que la veille au soir que la France, en raison d'un problème technique, ne pouvait fournir les 800 MW/h livrés habituellement. "Nous devrons nous habituer à subir d'autres désagréments et à changer nos habitudes, à réduire notre consommation si l'été continue à être chaud comme c'est probable", a prévenu M. Bertolaso.

"Passe encore pour l'air conditionné, mais comment travailler sans caisse-enregistreuse, sans terminal de paiement, sans fax !", a commenté une libraire de Gênes, Livio Daneri. "Ils ne pouvaient pas nous avertir avant ?", protestait un Italien qui s'est trouvé sans téléphone au moment où il appelait l'ambulance pour un vieux parent malade.

Dans les milieux écologistes, la colère gronde: on dénonce une manipulation pour inciter à la construction de nouvelles centrales, alors qu'un projet de loi en ce sens du ministre Marzano est bloqué au Parlement. "Qui va répondre de ces défaillances honteuses et payer les dégâts ?", s'est insurgé le député de centre-gauche Ermete Realacci, par ailleurs président de la grande ligue écologiste Legambiente. Et de rappeler avec le fonds mondial pour la nature (WWF) l'existence d'un ambitieux plan d'économies d'énergie datant de 1999 et d'un décret de 2001, restés tous deux lettre morte.

Le patronat italien menace de porter plainte contre les coupures d'électricité:

MILAN (Italie), 27 juin 2003 (AFP) - Le patronat italien a menacé vendredi de porter plainte contre les dommages causés aux industries du pays par les coupures qui ont privé d'électricité quelque six millions d'Italiens jeudi en raison d'une trop forte consommation. Dans une tribune publiée par le journal économique Il Sole 24 Ore, le vice-président de la confédération patronale Confindustria Giuseppe Prezioso souligne que ces coupures entraînent de "graves dommages économiques au tissu industriel du pays". "Nous devons quantifier les dommages (...) et évaluer l'opportunité d'entreprendre des actions en justice pour être dédommagé", poursuit le responsable. De son côté le patron du groupe italien d'électricité Enel, Paolo Scaroni se défend, déclarant que sa société produit déjà au maximum. "Ce que nous pouvons faire, c'est tourner au maximum: en juin, nous avons augmenté la production de 6% par rapport à il y a un an", explique l'administrateur délégué d'Enel, dans une interview au Corriere della Sera.

M. Scaroni indique que les coupures sont le fruit d'exigences opposées entre d'un côté des utilisateurs qui consomment de plus en plus en période de pointe et des freins divers (environnementaux, économiques) à la construction de nouvelles centrales en Italie. Les commentateurs italiens se déchaînaient vendredi contre la manière dont environ six millions d'Italiens ont été privés de courant sans préavis. "Encore une fois le citoyen client a été traité comme un sujet", a dénonce le grand éditorialiste du Corriere, Sergio Romano, tandis que la Repubblica a critiqué "une forme de punition pour faire changer d'idée 80% des électeurs qui votèrent non en 1987 au référendum sur le nucléaire". Les coupures avaient débuté dès 06H00 GMT suivant la méthode des "taches de léopard", c'est-à-dire délestant des secteurs les uns après les autres, sans préavis. Environ six millions d'Italiens ont été touchés, selon un bilan dressé jeudi soir de la Protection civile. La société de gestion du réseau national a précisé que le délestage a concerné environ 5% des besoins en électricité du pays.

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