Le 27/07/2003

Le Coneil des Ministres reporté: Communiqué CGT

Le gouvernement vient de nous annoncer de manière officielle sa décision de reporter à plus tard le Conseil des ministres du 5 août prochain qui devait examiner l'avant projet de loi visant la désintégration des entreprises EDF et Gaz de France, la transformation de leur statut en sociétés anonymes, prélude à la privatisation.
La CGT se félicite d'avoir, en cette période estivale, contribué à imposer ce recul au gouvernement qui visiblement est dans l'obligation de marquer le pas sur ce dossier extrêmement sensible dans l'opinion publique.
Nous tenons à saluer l'effort important des militants de la CGT qui, en cette période de congés, ont su puiser l'énergie nécessaire pour arracher ce report.
Obtenir ce report officiel le jour où la CGT a rassemblé devant Matignon près d'un millier de militantes et militants, venus des quatre coins de France, pour dire non à la privatisation et oui à l'organisation d'un référendum citoyen, marque véritablement les capacités du mouvement social à imposer des revers à ce gouvernement.
Certes le gouvernement va tenter de minimiser le report de ce Conseil des ministres en tentant de mettre en avant des questions d'ordre technique ou des contraintes de calendrier.
Nous ne sommes pas dupes, nous savons que le gouvernement est dans l'obligation de tergiverser, de manœuvrer,  parce qu'il mesure que sur ce dossier les enjeux risquent d'être lourds de conséquences pour l'avenir et source de distorsions au sein même de la majorité gouvernementale.
En effet, EDF et Gaz de France sont les deux entreprises les plus plébiscitées dans l'opinion publique et cela quelle que soit la préférence politique des citoyens interrogés.

Pourquoi alors vouloir imposer, envers et contre tous, de profondes transformations alors que les fondements et les finalités économiques et sociales qui ont prévalu depuis près de 60 ans ont fait la preuve de leur efficacité et l'objet d'un consensus républicain ?

Pourquoi vouloir imposer dans notre pays un modèle importé d'ailleurs qui, de plus en plus d'experts s'accordent à le reconnaître, est sous le signe de la déroute et du désastre économique ?

Maîtrise 100% publique, égalité de traitement tarifaire entre les usagers des villes et ceux des champs, solidarité territoriale, continuité de service public, obligation de desserte, aménagement harmonieux du territoire, vision à long terme, indépendance énergétique, rôle dévolu aux collectivité territoriales en temps qu'autorités concédantes … Tout ceci constitue les fondements et les finalités du service public nationalisé sur lesquels nous entendons rassembler pour s'opposer à la loi du fric qui transpire dans toutes les phrases du projet de loi gouvernemental.

Ce report nous place en meilleure posture et nous donne confiance pour construire à la rentrée un vaste front de refus unitaire et interprofessionnel pour dire non à ce recul de société que le gouvernement n'a pas renoncé à imposer et aussi pour contribuer avec la société toute entière à élaborer des propositions alternatives empreintes des valeurs de solidarité, de démocratie et répondant aux exigences de notre temps.
Dans l'immédiat et forts de ce que nous venons de faire bouger nous proposons de provoquer partout le 5 août prochain, des assemblées générales de syndiqués et de personnels pour décider collectivement des initiatives à prendre pour se mettre en situation d'imposer d'autres revers à ce gouvernement.

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