Communiqué de Presse de la Fédération
CGT du 23 Juillet
La loi est
votée, la bataille se poursuit Le gouvernement a choisi
pour EDF et Gaz de France, comme pour d'autres dossiers, de
passer en force. Or, comme l'attestent les derniers
sondages d'opinion, le gouvernement n'a ni convaincu les
Français, ni mêmes les électeurs de sa
majorité parlementaire du bien fondé du
changement de statut d'EDF et Gaz de France. Il a obtenu, au moment le
plus creux de l'été, le 21 juillet au
Sénat et le 22 juillet à l'Assemblée
nationale le vote du texte issu de la Commission mixte
paritaire Sénat/Assemblée Nationale. La loi
est donc définitivement votée. C'est un rude coup
porté au service public, à EDF et à Gaz
de France. Cette loi ouvre la voie à leur
démantèlement, à l'ouverture de leur
capital et à leur privatisation. Cependant pour le
gouvernement le plus dur est devant lui. En effet, il
va devoir rapidement assumer devant l'opinion les
conséquences qui en résulteront et notamment
la transformation des services aujourd'hui gratuits en
services payants, les hausses de tarif annoncées tant
en gaz qu'en électricité, les
défaillances du système électrique. Il
va devoir affronter également le personnel
très majoritairement opposé à ces
évolutions, comme l'ont montré les
dernières élections aux Conseils
d'Administration des deux établissements. Un
personnel qui s'est mobilisé d'une façon
exemplaire et historique pendant deux mois et qui est tout
autant déterminé aujourd'hui. Comment imaginer
que ce personnel acceptera les multiples filialisations que
rend possible cette loi, ainsi que la mise en concurrence
destructrice entre EDF et Gaz de France sans se mobiliser
à nouveau massivement. C'est pourquoi la FNME CGT
n'entend pas en rester là. Après le vote de la
loi, elle entend poursuivre son travail d'information et
d'explication et préparer de nouvelles
mobilisations : -
Immédiatement, elle a déposé
auprès des groupes parlementaires d'opposition
socialistes et communistes une note intitulée
"éléments pour un recours au conseil
constitutionnel". La loi n'est en effet pas encore
promulguée et son inconstitutionnalité peut
encore être rappelée par le Conseil
Constitutionnel. -
Elle poursuit la signature de la pétition
lancée pour que les usagers s'expriment massivement
auprès de M. CHIRAC et exigent d'être
consultés sur la spoliation que représente
cette loi de dénationalisation. -
Elle a interpellé le Ministre le l'Economie des
Finances et de l'Industrie pour que soit enfin
étudiée d'une façon sérieuse la
possibilité d'une fusion des deux entreprises
EDF et Gaz de France. -
Elle entend apporter son analyse et ses propositions
alternatives dans le débat annoncé sur les
besoins de financement d'EDF et Gaz de France car il n'y a
décidemment aucune raison sérieuse d'ouvrir le
capital des deux entreprises. -
Elle entend s'investir dans le débat visant à
élaborer les nouveaux contrats de service public dans
l'article 1 de cette loi. -
Elle se félicite d'avoir été entendue
sur l'extension de la tarification sociale pour les foyers
modestes, le maintien de péréquation tarifaire
l'acheminement, le maintien des structures de
proximité départementales et mixtes EDF et Gaz
de France, la possibilité aux collectivités
territoriales et aux établissements publics de rester
au tarif régulé.