Le 26/07/2004

Communiqué de Presse de la Fédération CGT du 23 Juillet

La loi est votée, la bataille se poursuit

Le gouvernement a choisi pour EDF et Gaz de France, comme pour d'autres dossiers, de passer en force. Or, comme l'attestent  les derniers sondages d'opinion, le gouvernement n'a ni convaincu les Français, ni mêmes les électeurs de sa majorité parlementaire  du bien fondé du changement de statut d'EDF et Gaz de France.

Il a obtenu, au moment le plus creux de l'été, le 21 juillet au Sénat et le 22 juillet à l'Assemblée nationale le vote du texte issu de la Commission mixte paritaire Sénat/Assemblée Nationale. La loi est donc définitivement votée.

C'est un rude coup porté au service public, à EDF et à Gaz de France. Cette loi ouvre la voie à leur démantèlement, à l'ouverture de leur capital et à leur privatisation. 

Cependant pour le gouvernement le plus dur est devant lui. En effet, il va  devoir rapidement assumer devant l'opinion les conséquences qui en résulteront et notamment la transformation des  services aujourd'hui gratuits en services payants, les hausses de tarif annoncées tant en gaz qu'en électricité, les défaillances du système électrique. Il va devoir affronter également le personnel très majoritairement opposé à ces évolutions, comme l'ont montré les dernières élections aux Conseils d'Administration des deux établissements. Un personnel qui s'est mobilisé d'une façon exemplaire et historique pendant deux mois et qui est tout autant déterminé aujourd'hui. Comment imaginer que ce personnel acceptera les multiples filialisations que rend possible cette loi, ainsi que la mise en concurrence destructrice entre EDF et Gaz de France sans se mobiliser à nouveau massivement.

C'est pourquoi la FNME CGT n'entend pas en rester là. Après le vote de la loi, elle entend poursuivre son travail d'information et d'explication et préparer de nouvelles mobilisations :

-       Immédiatement, elle a déposé auprès des groupes parlementaires d'opposition socialistes et communistes une note intitulée "éléments pour un recours au conseil constitutionnel". La loi n'est en effet pas encore promulguée et son inconstitutionnalité peut encore être rappelée par le Conseil Constitutionnel.

-       Elle poursuit la signature de la pétition lancée pour que les usagers s'expriment massivement auprès de M. CHIRAC et exigent d'être consultés sur la spoliation que représente cette loi de dénationalisation.

-       Elle a interpellé le Ministre le l'Economie des Finances et de l'Industrie pour que soit enfin étudiée d'une façon sérieuse la possibilité d'une  fusion des deux entreprises EDF et Gaz de France.

-       Elle entend apporter son analyse et ses propositions alternatives dans le débat annoncé sur les besoins de financement d'EDF et Gaz de France car il n'y a décidemment aucune raison sérieuse d'ouvrir le capital des deux entreprises.

-       Elle entend s'investir dans le débat visant à élaborer les nouveaux contrats de service public dans l'article 1 de cette loi.

-       Elle se félicite d'avoir été entendue sur l'extension de la tarification sociale pour les foyers modestes, le maintien de péréquation tarifaire l'acheminement, le maintien des structures de proximité départementales et mixtes EDF et Gaz de France, la possibilité aux collectivités territoriales et aux établissements publics de rester au tarif régulé.

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