Le 16/12/2002

C'est non, non et non !

DEMOCRATIE et ACTION

Les Unions Patronales de l'UFE et de l'UNEMIG ont engagé depuis septembre avec les Fédérations Syndicales une « négociation » avec la ferme intention de remettre en cause le régime spécial d'inactivité de service contenu dans le Statut National des IEG.

Le 9 décembre 2002 les Unions Patronales et les Fédérations Syndicales CGT, CFDT, CGC et CFTC sont arrivées à un relevé de conclusions de ces discussions.

A l'heure qu'il est, alors que Directions et Médias s'attachent à « intoxiquer » la réalité en martelant que les choses seraient entendues et que l'aval des Organisations Syndicales serait acquis, rien n'est signé et rien n'est joué. Ce sont les adhérents de chaque organisation qui ont le devoir de positionner leur syndicat respectif et de livrer au personnel leur avis afin qu'il puisse se déterminer sur l'avenir de sa retraite.

Le relevé de conclusions : les résultats de la lutte mais des dangers lourds pour l'avenir !

Objectivement l'action du 3 octobre et les suites que le personnel lui a donné en permanence au cours de ses initiatives et notamment des temps forts des 14 et 26 novembre, du 4 décembre 2002 ont permis de gagner des avancées :

- Oui, il y a continuité du régime particulier des IEG ; c'est la première fois dans une réforme d'un régime de retraite qu'il n'y a pas d'extinction des droits et mise en place d'un autre régime. Mais le point essentiel est le maintien d'un régime spécial légal de branche à prestations définies.

- Oui, il y a maintien des droits statutaires de l'article 24 et l'annexe 3. Il y a des améliorations : pension de reversion, minimum de pension, règlement de la situation des anciens d'électricité et gaz d'Algérie, suppression de la clause des 15 ans.

- Oui, ce sont les entreprises qui assureront le financement sur plusieurs points d'entrée : la masse salariale, le versement d'équilibre, la participation de tous les opérateurs sur leur activité économique.

- Oui, il y a garantie de l'Etat sur le financement des droits passés (les actifs cotisants) mais pas pour les droits futurs qui seront financés sur les richesses créées et la croissance du secteur. L'organisme et le régime de branche seront sous le contrôle, le pilotage et une gestion paritaire (une caisse de retraite propre à la branche). La garantie de l'Etat sur l'organisation comme sur le fonctionnement est apportée au travers du statut, le régime étant et demeurant un droit statutaire.

Mais il faut noter qu'il s'agit là d'un relevé de conclusions des discussions conduites sur le sujet et non d'un accord de branche. Ce relevé devra être déposé sur le bureau du Gouvernement qui tranchera. De quelle manière va-t-il trancher lorsqu'il conduira la « négociation » relative à la réforme des retraites ?

Cela dit : une question.

Mais pourquoi donc les Unions Patronales et le Gouvernement ont-ils voulu engager cette discussion relative à notre régime spécial ; en fait passer d'un système à un autre système en concédant quelques « améliorations » assujetties à la future mise à plat en 2003 du régime général et des régimes spéciaux ?

Pour la raison simple que la question fondamentale pour le Patronat est bien de revoir la structure du financement de notre régime spécial et son fonctionnement afin :

- d'une part de permettre l'ouverture du capital des entreprises,

- et d'autre part de créer toutes les conditions du désengagement futur des entreprises qui sera favorisé par la démarche gouvernementale en 2003 !

C'est bien là que le plus grave danger réside !

Des questions concrètes à se poser :

- ma cotisation IVD va-t-elle augmenter ? OUI, de 7,8% à 11, 8% soit de 40%.

- Sera-t-elle compensée ? et de quelle manière ? Rien n'est moins sûr ; les augmentations consenties dans le cadre de l'article 9 assurent tout juste le pouvoir d'achat pour 2002.

- Le niveau de ma pension sera t-il garanti lorsque je partirai ? Rien n'est moins sûr puisque les garanties peuvent à tout moment être reconsidérées par les Pouvoirs Publics (cf. réforme retraite 2003).

- L'âge de départ est-il garanti ? Rien n'est moins sûr puisque les critères qui définissent l'âge de départ (services civils, insalubrité, etc…) sont dans le collimateur des Directions et du Gouvernement.

- Les garanties et les améliorations qui me sont données dans ce relevé de conclusions seront-elles pérennes ? Rien de moins sûr puisqu'elles sont renvoyées à la discussion relative au régime général et aux régimes spéciaux.

Des dangers réels contenus dans le texte et lourds pour l'avenir.

- le financement : il est bien introduit une dissociation entre le financement des droits acquis et celui des droits futurs ? Seul le financement des droits acquis bénéficie d'une garantie de l'Etat,

- la mise en place bel et bien d'un nouveau régime,

- la mise en place d'une caisse de retraite : IEG pensions est transformé en organisme de sécurité sociale qui devra équilibrer ses comptes y compris en cas de désengagement possible des entreprises,

- les garanties des droits passés (actifs cotisants) assujetties à la modification future du régime ; il n'y a aucune garantie des droits futurs des actuels actifs cotisants,

- le système induit que l'on passe d'une situation où les agents étaient en inactivité de service et touchaient un salaire à une situation où les inactifs actuels et futurs endosseraient le statut de retraité avec les conséquences que l'on peut imaginer quant à leur appartenance à la mutuelle et aux versements des avantages en nature (cf. tarifs particuliers).

La position du Syndicats Régionaux (SPPTE et SICTAM Centre).

Après avoir réuni l'ensemble des sections syndicales et après avoir débattu, les deux Syndicats Régionaux apportent une appréciation négative sur ce texte et considèrent que la CGT ne peut apposer sa signature au bas de ce relevé :

- d'une part parce qu'il est particulièrement lourd de conséquences pour l'avenir du/des régimes de retraites,

- et d'autre part parce qu'une telle signature risque d'hypothéquer la mobilisation des salariés dont nous allons avoir besoin.

En outre nous prenons acte que le rapport des forces a permis de faire avancer un certain nombre de questions revendicatives que nous portions depuis le 3 octobre.

Le SPPTE Centre et le SICTAM Centre appellent l'ensemble des adhérents et les personnels à examiner avec attention ce relevé. Il va vous parvenir avec les commentaires de la CGT élaborés par la FNME. Vos syndicats vous demandent d'apprécier ce que le rapport des forces a permis de faire bouger et ce qu'il est capable de faire encore bouger.

Ils appellent les adhérents de la CGT à participer massivement aux débats que nous allons conduire qui devront permettre démocratiquement de déterminer le positionnement tout entier de la CGT de la FNME.

A l'issue de ces débats et décisions par section, ils appellent les adhérents de la CGT à faire part aux personnels du positionnement de la CGT en portant les explications de ce positionnement et en favorisant l'expression du personnel lors de la consultation à venir.

Au cours des réunions à venir, il est primordial de se poser la question de l'action revendicative en tout premier lieu sur les questions qui nous intéressent au quotidien dans chaque lieu de travail, de réfléchir collectivement sur les initiatives d'action à prendre dès à présent afin de nous mettre en position offensive dès la rentrée de janvier 2003 dans la perspective de l'action interprofessionnelle initiée par la CGT au cours de ce mois.

Melun, le 16 décembre 2002

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