Le temps
de la démocratie (Dominique Trouillet)
Le
relevé de conclusions obtenu le 9 décembre par
les négociateurs des 4 fédérations CGT,
CFDT, CFE-CGC, CFTC ne correspond pas au rapport de
force. Peu de
temps nous reste pour sauvegarder le crédit de la
CGT.
Les négociateurs, sous la coupe du secrétaire
général de la FNME, ont refusé de
suivre la demande du Bureau fédéral du 5
Décembre demandant que notre délégation
revendique une pause dans les négociations en cours
afin de donner le temps de l'appropriation à la
direction fédérale, aux syndiqués et au
personnel.
Cette appropriation aurait permis de mesurer les aspects les
plus néfastes du relevé de conclusions et de
créer les conditions d'une prise de conscience des
personnels et favorisé l'élévation du
rapport de force
Le secrétaire général, volontairement,
s'est coupé de sa direction fédérale,
pour mener à bien ces négociations en dehors
du mouvement. Les communiqués étaient
directement mis sur le site internet de la
fédération, du lieu de la négociation,
sans l'avis de la direction fédérale.
Pour couronner le tout, dans la nuit du 9 au 10
décembre, le communiqué fédéral,
qui ne peut correspondre qu'aux présents à
cette heure ( 1 heure du matin), boucle une consultation en
10 jours (en fixant une date limite au 20 décembre),
et donne une appréciation sur le relevé de
conclusions pour le moins déséquilibré,
tant elle met en avant les améliorations sans
indiquer :
- l'adossement au
régime général,
- la création
d'une caisse de retraite, certes originale, mais une
caisse,
- la distinction entre
les droits passés et les droits futurs,
- que les droits futurs
ne sont pas garantis, ce qui signifie clairement que
l'avenir de nos retraites n'est pas garanti, seuls les
droits passés le sont,
- que le texte permet la
capitalisation et ne ferme pas la porte à la
création d'un fond de pension à terme,
- que l'ouverture du
capital d'EDF et de GDF est dorénavant sans obstacle
structurel
Les améliorations, mêmes dues à la
pugnacité des négociateurs apparaissent bien
minces au regard des conséquences de ce relevé
de conclusion qui nous situe dans le cadre d'un nouveau
régime de retraite et non dans le régime
statutaire actuel (amélioré ?!).
Le simulacre de consultation orchestré à la va
vite est à l'opposé de la démarche
syndicale de la CGT. Il ne faut pas confondre la dialectique
entre action, négociation, avec la démocratie
comme moteur, et accompagnement réformiste au pas de
charge, en méprisant, de fait l'ensemble des
salariés, à commencer par les
syndiqués.
Peu de temps nous reste pour rectifier cette situation qui
pourrait être gravement dommageable pour les
salariés, tant les conséquences seront bien
réelles.
En tout état de cause, dans un premier temps, il faut
le temps de la démocratie, en organisant une
réelle consultation, qui permette à chaque
salarié de se faire son opinion, d'écouter les
appréciations de tous les acteurs, ce qui demande
obligatoirement du temps, soit fin janvier (20
décembre = 4/5 jours ouvrables
seulement après la CEF du 12 décembre).
De plus, cette consultation, en janvier pourrait se
construire en parallèle de la journée d'action
confédérale sur les retraites et constituer un
élément dynamique contribuant à
augmenter le rapport de force, en convergence avec
l'interprofessionnel. Cela suppose de tirer le relevé
de conclusion à 280.000 exemplaires. Qui pourrait
comprendre que l'on ne fasse pas au moins aussi bien que
pour la réduction du temps de travail, alors que le
sujet est encore plus d'importance ?
Cette décision que pourrait prendre la CEF pourrait
être soumise au mouvement lors d'un conseil
général afin que les syndicats soient en
position de décideurs quant à et la
démarche syndicale et quant au positionnement
fédéral, et envisagent que toutes les
dispositions soient prises, pour s'assurer du respect des
positions retenues, meilleur moyen de garantir
l'unité de la fédération.
Dominique TROUILLET
Le 10 décembre 2002