Le 11/12/2002

Le temps de la démocratie (Dominique Trouillet)

Le relevé de conclusions obtenu le 9 décembre par les négociateurs des 4 fédérations CGT, CFDT, CFE-CGC, CFTC ne correspond pas au rapport de force.
Les négociateurs, sous la coupe du secrétaire général de la FNME, ont refusé de suivre la demande du Bureau fédéral du 5 Décembre demandant que notre délégation revendique une pause dans les négociations en cours afin de donner le temps de l'appropriation à la direction fédérale, aux syndiqués et au personnel.
Cette appropriation aurait permis de mesurer les aspects les plus néfastes du relevé de conclusions et de créer les conditions d'une prise de conscience des personnels et favorisé l'élévation du rapport de force
Le secrétaire général, volontairement, s'est coupé de sa direction fédérale, pour mener à bien ces négociations en dehors du mouvement. Les communiqués étaient directement mis sur le site internet de la fédération, du lieu de la négociation, sans l'avis de la direction fédérale.
Pour couronner le tout, dans la nuit du 9 au 10 décembre, le communiqué fédéral, qui ne peut correspondre qu'aux présents à cette heure ( 1 heure du matin), boucle une consultation en 10 jours (en fixant une date limite au 20 décembre), et donne une appréciation sur le relevé de conclusions pour le moins déséquilibré, tant elle met en avant les améliorations sans indiquer :
-       l'adossement au régime général,
-       la création d'une caisse de retraite, certes originale, mais une caisse,
-       la distinction entre les droits passés et les droits futurs,
-       que les droits futurs ne sont pas garantis, ce qui signifie clairement que l'avenir de nos retraites n'est pas garanti, seuls les droits passés le sont,
-       que le texte permet la capitalisation et ne ferme pas la porte à la création d'un fond de pension à terme,
-       que l'ouverture du capital d'EDF et de GDF est dorénavant sans obstacle structurel
Les améliorations, mêmes dues à la pugnacité des négociateurs apparaissent bien minces au regard des conséquences de ce relevé de conclusion qui nous situe dans le cadre d'un nouveau régime de retraite et non dans le régime statutaire actuel (amélioré ?!).
Le simulacre de consultation orchestré à la va vite est à l'opposé de la démarche syndicale de la CGT. Il ne faut pas confondre la dialectique entre action, négociation, avec la démocratie comme moteur, et accompagnement réformiste au pas de charge, en méprisant, de fait l'ensemble des salariés, à commencer par les syndiqués.
Peu de temps nous reste pour rectifier cette situation qui pourrait être gravement dommageable pour les salariés, tant les conséquences seront bien réelles.

Peu de temps nous reste pour sauvegarder le crédit de la CGT.
En tout état de cause, dans un premier temps, il faut le temps de la démocratie, en organisant une réelle consultation, qui permette à chaque salarié de se faire son opinion, d'écouter les appréciations de tous les acteurs, ce qui demande obligatoirement du temps, soit fin janvier (20 décembre = 4/5 jours ouvrables seulement après la CEF du 12 décembre). De plus, cette consultation, en janvier pourrait se construire en parallèle de la journée d'action confédérale sur les retraites et constituer un élément dynamique contribuant à augmenter le rapport de force, en convergence avec l'interprofessionnel. Cela suppose de tirer le relevé de conclusion à 280.000 exemplaires. Qui pourrait comprendre que l'on ne fasse pas au moins aussi bien que pour la réduction du temps de travail, alors que le sujet est encore plus d'importance ?
Cette décision que pourrait prendre la CEF pourrait être soumise au mouvement lors d'un conseil général afin que les syndicats soient en position de décideurs quant à et la démarche syndicale et quant au positionnement fédéral, et envisagent que toutes les dispositions soient prises, pour s'assurer du respect des positions retenues, meilleur moyen de garantir l'unité de la fédération.
Dominique TROUILLET
Le 10 décembre 2002

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