Le 06/03/2003

Congres Confédéral: des syndiqués acteurs ou simples contribuables ?

47ème Congrès Confédéral
Contribution adoptée par la Commission Exécutive du SPPTE Centre (Syndicat du Personnel de la Production et du Transport d'Energie Centre) FNME CGTà propos de la 2eme résolution "Renouveau du syndicalisme : franchir des seuils"

L'analyse faite par la commission exécutive de notre syndicat invite le congrès à une clarification et en tout état de cause à une nouvelle rédaction de cette résolution au risque de laisser croire que nous voulons cantonner le syndiqué au rôle de faire-valoir voire en y mettant un trait de provocation au simple rôle de « contribuable » de l'organisation éloigné des luttes et de la construction revendicative.
A n'en pas douter une persistance dans l'actuelle rédaction aura une influence non négligeable sur l'avenir et hypothèque mécaniquement les résolutions 3 et 4.
A lire le titre de cette résolution « RENOUVEAU DU SYNDICALISME : FRANCHIR DES SEUILS » ont est légitimement en droit de s'attendre à un renforcement de la démarche revendicative de la CGT. Or quelle n'a pas été notre surprise de ne voir nulle part écrit sous une forme ou une autre dans cette résolution le terme « lutte ».
Ce terme serait-il devenu un « gros mot » banni du vocabulaire de l'organisation CGT?
Plus généralement cette résolution nous semble empreinte d'un ton volontairement bon teint dans le seul objectif d'atteindre un unanimisme de bon aloi ancré sur une démarche de contestation, d'influence et d'accompagnement fataliste loin des principes constitutifs de notre syndicalisme et dont seule la négociation collective semblerait le moyen de satisfaire les revendications.
D'ailleurs ne lit-on pas et pour corroborer notre propos, et à simple titre d'exemple, que :
- « Elles (les caractéristiques de le situation sociale de notre pays) indiquent les difficultés persistantes à construire les bases d'une plus grande influence »
- « le conflit d'intérêts entre salariés et employeurs est irréductible, »
- « la CGT est amenée, dans et hors de l'entreprise, à contester la logique même du capitalisme »Faut-il voir, au travers de ces quelques extractions du texte de la résolution, un renoncement à la lutte sur la base des fondamentaux de notre organisation ?
Nous le craignions et nous le déplorons.

La seconde remarque que nous formulons à cette résolution a trait au rôle et à la place du syndiqué dans l'organisation et forçons le trait : Pourquoi être syndiqué ?

Réponse : Pour élaborer les revendications ?
Hé bien non puisque « la consultation régulière des salariés sur chaque lieu de travail est un acte syndical déterminant pour alimenter et consolider cette chaîne revendicative »

Réponse : Pour engager un processus de lutte?
Hé bien non puisque « L'expression des besoins, la formulation des revendications, la recherche du rapport de force le plus élevé préparant l'engagement d'une négociation et le suivi de son déroulement sont les éléments indissociables d'une activité revendicative orientée vers l'obtention d'avancées concrètes »

Réponse : Pour être consultés, donner notre avis et construire la position de la CGT ?
Hé bien non puisque « C'est dans ce cadre (celui de l'approfondissement de la négociation collective) que nous voulons assumer complètement le principe de la négociation sociale aboutissant à la signature d'un accord, dès lors que les salariés ont estimé qu'il est un moyen d'améliorer réellement leur situation … »

Il reste frustrant de voir qu'à aucun moment le rassemblement des organisations syndicales , des salariés que nous aspirons ne puisse être exprimé sur des bases revendicatives claires dans l'objectif d'engager la lutte pour de nouvelles conquêtes sociales mais simplement orientée vers la négociation collective sur des concepts assez flous.
Reste enfin une question fondamentale induite par cette résolution :

Quid de la démocratie ouvrière et de la démocratie syndicale ?

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