Le 04/09/2003

On devrait nationaliser la canicule.....

La canicule qui a sévi sur l'Europe durant le mois d'août devrait amener nos dirigeants et nos libéraux de tous poils à revoir leur copie sur la « libéralisation du marché de l'électricité ».

 Situation exceptionnelle, nous répondent-ils pour justifier les coupures de courant. En oubliant de dire qu'il nous ressassent la même rengaine en hiver, et cela depuis plusieurs années.

En fait, partout où le train de la privatisation de l'électricité est arrivé en gare, force est de constater que la situation est gravement détériorée et que ceux qui paient la note sont toujours les mêmes : les usagers. Cela ne vaut pas que pour l'Europe mais dans le monde entier et la liste est longue des méfaits de la libéralisation :

 - Si en Italie, la sécheresse a été la grande responsable, en Espagne, dès l'approche de l'été, ce sont les touristes qui étaient montrés du doigt. Leur arrivée massive dans les sites balnéaires risquait de provoquer des coupures dues à la fragilité de l'approvisionnement (mais il est vrai qu'il est exceptionnel que les touristes se rendent en Espagne l'été).

- Le Brésil annonçait dès le mois de juin qu'il allait procéder à un rationnement de l'électricité de 15 à 20% dans les foyers assorties de surtaxes pouvant aller jusqu'à 15 fois le tarif normal pour les consommateurs dépassant les quotas.

 - L'Australie découvre elle aussi les joies de la concurrence : depuis quelques années, prenant modèle sur les Anglais, elle a foncé tête baissée dans la privatisation et la déréglementation. Si dans un premier temps, les tarifs ont quelque peu baissé, les prix menacent d'augment de 20 %, faute d'investissements. Sans compter là aussi, l'annonce de coupures probables.

- Que dire enfin des deux coupures « accidentelles » d'électricité de cet été à New-York puis à Londres. Laissons la parole à Georges W. BUSH au sujet de la panne new-yorkaise : « ceci est un signal d'alarme pour nous inciter à moderniser notre système de distribution ».

 La France entend-elle suivre le même chemin ? N'a-t-elle d'ailleurs pas commencé de le faire ?

 L'annonce faite de la fermeture de plusieurs centrales thermiques classiques sans aucun projet de construction nouvelle (autre que des éoliennes par le privé qui ont montré leur incapacité à être sur le réseau, tant par période de grand froid que par grand beau temps puisque, par nature, dans ces moments-là il n'y a pas de vent) pourrait bien avoir des conséquences graves dès cet hiver.
Quant à la décision d'augmenter l'électricité de 3% pour les usagers captifs après des années de baisse, elle est tout simplement injustifiée et scandaleuse. Car il s'agit là entre autres de faire payer à nos concitoyens les achats aventureux de notre Président Roussely tout comme il faut payer aux agents sa politique par la suppression massive d'emplois dans l'entreprise (plus de 6.000 emplois détruits en deux-trois ans).

 Tous les signaux sont au rouge. La sagesse voudrait que l'on arrête le train avant qu'il ne se fracasse contre le mur. Avec les usagers, les électriciens ont le devoir de l'imposer à ceux qui ne veulent rien entendre.

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