On devrait
nationaliser la canicule.....
La
canicule qui a sévi sur l'Europe durant le mois
d'août devrait amener nos dirigeants et nos
libéraux de tous poils à revoir leur copie sur
la « libéralisation du marché de
l'électricité ». Situation
exceptionnelle, nous répondent-ils pour justifier les
coupures de courant. En oubliant de dire qu'il nous
ressassent la même rengaine en hiver, et cela depuis
plusieurs années. En fait,
partout où le train de la privatisation de
l'électricité est arrivé en gare, force
est de constater que la situation est gravement
détériorée et que ceux qui paient la
note sont toujours les mêmes : les usagers. Cela
ne vaut pas que pour l'Europe mais dans le monde entier et
la liste est longue des méfaits de la
libéralisation : - Si
en Italie, la sécheresse a été
la grande responsable, en Espagne, dès l'approche de
l'été, ce sont les touristes qui
étaient montrés du doigt. Leur arrivée
massive dans les sites balnéaires risquait de
provoquer des coupures dues à la fragilité de
l'approvisionnement (mais il est vrai qu'il est exceptionnel
que les touristes se rendent en Espagne
l'été). - Le
Brésil annonçait dès le mois de
juin qu'il allait procéder à un rationnement
de l'électricité de 15 à 20% dans les
foyers assorties de surtaxes pouvant aller jusqu'à 15
fois le tarif normal pour les consommateurs dépassant
les quotas. -
L'Australie découvre elle aussi les joies de
la concurrence : depuis quelques années, prenant
modèle sur les Anglais, elle a foncé
tête baissée dans la privatisation et la
déréglementation. Si dans un premier temps,
les tarifs ont quelque peu baissé, les prix menacent
d'augment de 20 %, faute d'investissements. Sans compter
là aussi, l'annonce de coupures probables. - Que dire
enfin des deux coupures
« accidentelles »
d'électricité de cet été
à New-York puis à Londres.
Laissons la parole à Georges W. BUSH au sujet de
la panne new-yorkaise : « ceci est un signal
d'alarme pour nous inciter à moderniser notre
système de distribution ». La
France entend-elle suivre le même chemin ?
N'a-t-elle d'ailleurs pas commencé de le
faire ? L'annonce
faite de la fermeture de plusieurs centrales thermiques
classiques sans aucun projet de construction nouvelle (autre
que des éoliennes par le privé qui ont
montré leur incapacité à être sur
le réseau, tant par période de grand froid que
par grand beau temps puisque, par nature, dans ces
moments-là il n'y a pas de vent) pourrait bien avoir
des conséquences graves dès cet hiver. Tous
les signaux sont au rouge. La sagesse voudrait que l'on
arrête le train avant qu'il ne se fracasse contre le
mur. Avec les usagers, les électriciens ont le devoir
de l'imposer à ceux qui ne veulent rien
entendre.
Quant à la décision d'augmenter
l'électricité de 3% pour les usagers captifs
après des années de baisse, elle est tout
simplement injustifiée et scandaleuse. Car il s'agit
là entre autres de faire payer à nos
concitoyens les achats aventureux de notre Président
Roussely tout comme il faut payer aux agents sa politique
par la suppression massive d'emplois dans l'entreprise (plus
de 6.000 emplois détruits en deux-trois
ans).