Le 05/08/2003

Développement durable de la connerie libérale !

Pendant que les Centrales Thermiques sont à l'arrêt, on accorde des dérogations sur le réchauffement des rivières par les Centrales Nucléaires

Ci dessous l'article du journal « les Echos » (journal à lire) du 04/08/03

Cinq sites nucléaires d'EDF affectés par la baisse du niveau des fleuves.

Implantées dans la vallée du Rhône et dans le Sud-Ouest, ces centrales sont parfois contraintes de réduire leur puissance.
La sécheresse qui sévit depuis mi-juin n'est pas sans conséquences sur la production d'électricité. Au moins cinq sites nucléaires d'EDF (soit le quart du parc) sont affectés. Situés dans la vallée du Rhône - Bugey (Ain), Saint-Alban (Isère) et Tricastin (Drôme) - et dans le Sud-Ouest - Blayais (Gironde) et Golfech (Tarn-et-Garonne) -, ils ont tous la particularité d'être situés au bord d'un fleuve et de ne pas être équipés de ce que les spécialistes appellent des « aéro-réfrigérants ». Pour fonctionner - en particulier pour refroidir les réacteurs -, une centrale de production d'électricité a besoin d'une source froide : mer ou fleuve. L'eau prélevée dans un fleuve est ensuite rejetée dans ce même cours d'eau à une température quasi identique. Les centrales de la vallée du Rhône et du Sud-Ouest concernées, qui ne disposent pas d'aéroréfrigérants, ont bien du mal à respecter les conditions de rejets thermiques dans le fleuve en raison de la sécheresse et de la canicule.

Dérogations exceptionnelles Ces centrales sont donc obligées de moduler leur puissance, c'est-à-dire de produire moins d'électricité, pour limiter l'échauffement du fleuve. La direction d'EDF a d'ailleurs obtenu de la DGSNR (Direction générale de la sûreté nucléaire et de la radioprotection) une dérogation pour les unités de Golfech et de Tricastin. « Ces dérogations, exceptionnelles et temporaires, permettent de rejeter une eau dont la température ne dépasse pas de plus de 2 degrés celle du fleuve », explique Jean-Louis Charrière, directeur délégué à la production d'EDF. Il ajoute : « Nous allons demander à la DGSNR une dérogation identique pour Saint-Alban et Bugey. »
Pour éviter la surchauffe, les reponsables de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) ont décidé d'arroser un des réacteurs. Du fait de la canicule, la température dépasse en effet 48 degrés. Au-delà de 50 degrés, la DGSNR oblige EDF à arrêter le réacteur.
Cette situation exceptionnelle ne remet néanmoins pas en cause l'alimentation en électricité de l'ensemble de l'Hexagone. Même si les cinq centres de production concernés sont actuellement obligés de réduire, parfois de moitié, leur capacité de production.

 

Communiqué de la Fédération CGT

La France vit sur ses réserves, jusqu'à quand ? …

La situation hydraulique s'aggrave sur une grande partie du territoire national. L'agriculture est au premier rang des inquiétudes, mais notre fédération tient à attirer également l'attention sur les problèmes d'équilibre de production et de transport d'électricité, que la sécheresse pourrait poser.

Les signes de situation critique s'accumulent depuis février et surtout depuis presque deux mois ; un certain nombre de mesures sont prises. Une quinzaine de départements déconseillent ou interdisent parfois sur des périodes délimitées (cinq jours reconductibles dans le Haut-Rhin par exemple), les usages non absolument nécessaires, de l'eau : lavage de voitures, arrosage de jardins ou de pelouses, avec, pour certains endroits, des restrictions horaires strictes. La canicule enregistrée courant juin ajoutait à cette montée en puissance du problème aggravé par le manque de pluie.

Début juillet, vingt-sept autres départements ont pris, à leur tour, des mesures de prévention similaires. Au 9 juillet dernier, ils devenaient trente-quatre, concentrés sur le Grand Sud-Ouest, le Centre, Rhône-Alpes, et une partie de l'Est.
La grosse chaleur qui n'a fait qu'empirer, a eu pour conséquence de très violents orages le 15 juillet, sur les départements des Landes, de l'Indre-et-Loire, du Maine-et-Loire et de la Gironde. Le désastre a été comparable à celui de décembre 1999. Le réseau basse tension a été dévasté, souvent dans des zones très peuplées.
Les personnels d'EDF se sont mis spontanément à la disposition de l'entreprise afin d'intervenir très rapidement pour rétablir la fourniture d'électricité aux usagers.
Les incendies de ces dernières 24 heures montrent, à eux-seuls, la situation catastrophique que nous connaissons et les moyens que seul le service public est capable de mobiliser.
C'est la persistance de conditions climatiques extrêmes qui crée le problème. C'est donc au-dessus que tout se gâte. Les sols, la végétation et les cultures, manquent d'eau. Les spécialistes parlent de "déficit de surface", un phénomène alimenté par le thermomètre qui continue de tutoyer les records (38° à Bordeaux et Lyon; 34° à Dinard ; 36° à Paris), obligeant les mesures de restriction à s'étendre.
Par exemple, pour ce qui est des barrages hydrauliques d'EDF, sur la Durance, les usines ne produisent plus que pour alimenter les agriculteurs en eau. La centrale de St Chamand est à l'arrêt. Sur le Tarn et l'Aveyron, les centrales sont également mises à l'arrêt pour assurer l'étiage et les débits réservés pour protéger la faune et la flore. Pour ce qui est de la Garonne, une convention entre EDF et les autorités publiques locales, vient d'être signée pour 45 millions de m3 mis à disposition du 1er juillet au 31 octobre.

Selon le BRGM, la baisse des nappes et des réserves est d'actualité. Cette situation est extrêmement préoccupante.
La sécheresse et la canicule qui ont entraîné un réchauffement ainsi qu'une baisse du débit des cours d'eau, ont obligé EDF à demander un assouplissement des conditions d'exploitation de certaines centrales nucléaires. Toutes les centrales nucléaires sont situées au bord d'un fleuve ou de la mer dont elles utilisent l'eau pour le refroidissement. Cette eau est ensuite rejetée soit directement, soit après passage dans des tours aéroréfrigérantes. Une dérogation a été accordée pour la centrale du Tricastin (Drôme): la limite de température des eaux du Rhône est portée de 27° à 28° après rejet. Une demande est en cours d'instruction pour Golfech, sur la Garonne. D'autres demandes devraient être présentées prochainement, et c'est au total près du tiers du parc nucléaire (16 réacteurs sur 58) qui pourrait être concerné.
Cette situation cumulée avec l'augmentation de la consommation (climatisation notamment); le manque de moyens de production disponibles, met en situation difficile le réseau électrique.
Ce même cas de figure a entraîné dernièrement de multiples coupures d'électricité en Italie et en Espagne.

A l'heure où le Gouvernement et la Commission Européenne affichent à l'égard d'EDF, et plus largement des services publics nationalisés, des objectifs de privatisation, on peut se demander ce qu'il adviendrait si les abonnés de l'électricité ne disposaient pas d'un service public nationalisé pouvant intervenir rapidement lors de catastrophes naturelles.
Etre capable de limiter sa production pour l'intérêt général, efficacement et dans l'intérêt de tous les usagers de l'eau comme de l'électricité, et quel que soit leur lieu de résidence, c'est ça l'intérêt général.

D'ailleurs, usagers et élus ont été unanimes pour reconnaître l'efficacité d'EDF et de son personnel, suite à la tempête de 1999, lors des inondations de septembre 2002 dans le Sud-Est de la France, en ce début d'année lors des intempéries dans les départements du Nord et pendant les divers incidents dus aux orages cet été.
Au moment où nous écrivons ces lignes, les personnels avec leurs syndicats CGT, mènent une bataille contre le rachat d'une centrale hydraulique située sur le Lot à Fumel, par un producteur privé.
Les salariés du Rhône « EDF et CNR », ceux de la Schem (filiale de la SNCF), continuent la bataille pour empêcher des groupes privés de spolier ce bien hydraulique, propriété de la Nation.

Lorsqu'on veut détruire EDF et GDF, le droit à l'énergie et le droit à l'eau sont remis en question !

Pour la FNME CGT, c'est la question de la construction de grands projets qui est posée pour garantir l'efficacité du service public nationalisé. L'exemple de la région PACA avec le barrage de Serre Ponçon dans une région ou il n'a pas plu depuis 3 mois, même s'il y a quelques restrictions, peut être envisagé dans d'autres régions qui sont souvent déficitaire en eau l'été et subissent des inondations à l'automne.
C'est la question de l'utilisation intelligente de l'eau, pour garantir à la fois les besoins en eau potable, la participation à la diversification de la production énergétique, de l'irrigation, du tourisme ou la promotion du transport fluvial, qui est posée.
Des projets hydrauliques existent, il est temps que le Gouvernement prenne des décisions pour l'intérêt général plutôt que de préparer la privatisation des grands services publics dans l'intérêt de quelques grands groupes internationaux.

La FNME CGT, avec le personnel et les populations, entend prendre toute sa place dans ce débat.

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