Congres
Confédéral: Syndicat révolutionnaire ou
association de pecheurs à la ligne? 47eme
Congrès Confédéral : Expression
du SPPTE Centre concernant la résolution N°1
« Solidaires pour de nouvelles conquêtes sociales
» La
grenouille et le scorpion : On peut se
féliciter de la manière dont la Direction
Confédérale prépare le 47eme
Congrès. Que l'on soit d'accord ou pas avec le
contenu, le débat est organisé sur des sujets
importants. Les textes sont à la portée de
tous et la possibilité de les approuver ou de les
contester est réelle. Quatre résolutions sont
proposées aux militants et aux syndiqués.
Elles touchent des points importants qui font aujourd'hui
l'objet de discussions et de divergences. C'est la
première fois dans notre syndicat que les choix de
société de la CGT et le fonctionnement de sa
structure sont examinés à la loupe au moins
par les militants de notre syndicat et de nos sections
syndicales. Chat échaudé craint l'eau froide.
La méfiance, jusqu'alors inconnue dans notre
organisation vis à vis des structures nationales est
une réalité. La manière dont les
militants CGT d'EDF ont été roulés dans
la farine ces dernières années par la
Direction Fédérale et son secrétaire
Général, a fait de nous des militants
très méfiants. Cette méfiance ne touche
pas la Direction Confédérale. Certes nous
avons quelques divergences. Nous avons appris dans notre
syndicat à vivre en toute fraternité entre
camarades ayant des divergences politiques et
philosophiques. Nous avons appris aussi que le pouvoir
n'était pas indispensable pour un accomplissement
individuel. Le premier
thème est intitulé : «
Solidaires pour de nouvelles conquêtes sociales
» « faire
reculer la précarité, les discriminations, les
exclusions, les inégalités, est une
tâche immense et difficile, et pourtant la CGT doit
considérer quelle a sur ce point une obligation de
résultat ». Un peu plus
loin : Plus loin : Nous
revendiquons plus loin : En
résumé nous avons la prétention
légitime d'exiger plus pour combattre le recul social
que nous constatons. C'est juste et nous sommes
d'accord. Nous pensons
néanmoins qu'il y a un manque dans les moyens
à mettre en uvre les pouvoirs collectifs que
nous revendiquons si nous n'affirmons pas clairement notre
objectif de combattre les privatisations sous toutes leurs
formes. Privatisations franches, sous-traitance,
entrée de capitaux privés ou prises de
participations etc
. Nous sommes abasourdis par le
silence assourdissant des différentes structures de
la CGT quant à l'annonce de la prise de
participations (qualifiées de privatisation partielle
par le journal « les Echos ») par l'entreprise
privée italienne ENEL dans le capital de 4 centrales
nucléaires Françaises. Cela est une
illusion. Le loup mangera toujours l'agneau. Le scorpion
tuera toujours la grenouille, c'est dans sa
nature. La CGT a t'elle
toujours la volonté de remettre en cause l'ordre
établit ? La CGT a t'elle toujours la volonté
de remettre en cause le capitalisme ? Si oui elle doit
l'affirmer. Si non, elle doit aussi l'affirmer. Le mot «
capitalisme » n'est pas utilisé dans cette
résolution qui a pour but d'afficher aussi clairement
que possible l'objectif à atteindre, qui doit
désigner l'adversaire à combattre. Le
capitalisme est-il toujours l'adversaire à combattre
? La Direction
Confédérale considère t'elle que le
capitalisme n'existe plus ? Si c'est le
cas, cela explique que la lutte de classe n'existe plus.
Cela aussi a disparu de la résolution. De la
même façon qu'a disparue la notion de syndicat
de classe qu'a toujours affirmé la CGT. Nos
fondamentaux ont-ils disparus ? Lorsque l'on ne
parle pas de quelque chose, c'est que ce quelque chose
n'existe pas ou que l'on veut cacher ce quelque chose.
Si le
capitalisme n'existe pas, posons-nous la question s'il a
déjà existé ? S'il a
déjà existé, quand a t'il disparu
? S'il n'a jamais
existé cela veut dire que depuis 1885 la CGT s'est
trompée et des milliers de militants ont combattu
dans l'erreur. Par respect pour leur combat, le moins que
nous puissions faire est de reconnaître au grand jour
notre erreur collective pour la rectifier. S'il n'y a pas eu
d'erreur quant au combat anticapitaliste et que celui-ci
existe toujours, pourquoi son existence est-elle
passée sous silence alors que voilà quelques
années chaque page ou presque, du rapport
d'activité et du rapport d'orientation en faisait
état. Si le
capitalisme existe toujours, pourquoi ne pas l'affirmer
comme nous l'avons toujours fait, sauf, si notre
organisation syndicale abandonne son orientation
fondamentale de syndicat de classe anticapitaliste. Si c'est
le cas, pourquoi cet abandon ? qui en a décidé
ainsi ? ou cela a-t'il été discuté ?
dans quel but ? pour quel objectif ? Si nous
admettons l'existence du capitalisme et donc sa nature
néfaste pour l'homme sans nous donner l'outil pour le
combattre, cela veut dire que nous l'acceptons comme
système inéluctable. Chacun
conviendra que ce revirement historique mérite pour
le moins qu'on en discute et qu'on tranche
collectivement. Les
syndiqués doivent savoir clairement quel avenir on
leur propose. Nous devons
tous savoir si nous donnons notre argent, nos cotisations
à une organisation révolutionnaire ou à
une nébuleuse avec des objectifs ambigus ou
cachés. La CGT peut
se transformer en une association de pêcheurs à
la ligne à condition que ce soient les
délégués au Congrès,
dûment mandatés par les syndiqués qui le
décident. Notre syndicat
affirme à nouveau sa volonté de combattre le
capitalisme et de se doter d'un outil syndical
anticapitaliste de classe de masse démocratique et
indépendant dans lequel les syndiqués
débattent et décident. Nous proposons
l'amendement suivant : (à la
fin du 1er paragraphe)
notamment en s'opposant à toutes les formes de
privatisation des entreprises nationalisées et des
services publics, en revendiquant la socialisation des
moyens de production et d'échanges. Le système
capitaliste ne saurait être porteur des valeurs
sociales et humaines permettant l'émancipation de
l'homme. Il doit donc être combattu !
Nous approuvons le constat qui est fait, à savoir,
plus de pauvres, des pauvres encore plus pauvres. C'est un
bon résumé de la situation qui montre des
reculs sociaux en matière de droits au travail, de
santé de pouvoir d'achat, de sécurité,
etc
.
Pourquoi une telle situation ? La politique gouvernementale
(nous ajoutons aussi bien gauche que droite) les
prétentions patronales mais aussi l'incapacité
des services publics de redistribuer la richesse afin que
les plus démunis puissent bénéficier du
minimum vital.
Devant un tel constat et une telle analyse des
conséquences et des causes que dit la
résolution :
« Cela implique aussi la possibilité de peser
sur les choix de production, d'organisation du travail, de
formation des salariés t de stratégie des
entreprises. Cela suppose une maîtrise collective des
rouages économiques et sociaux, de la localité
jusqu'à l'échelon des groupes mondiaux en
passant par la Nation et l'Europe. Préserver et
développer, dans les conditions d'aujourd'hui, la
place et le rôle des services publics et des
entreprises publiques et nationalisées, est un gage
d'efficacité
etc
».
« Dans une telle situation, nous ne pouvons pas
nous limiter, même si c'est nécessaire,
à la seule défense des droits acquis, il faut
imposer d'autres choix qui ouvrent la voix à une
société plus juste et plus solidaire.
»
« La CGT considère que progressivement,
pourraient se construire les contenus concrets d'un nouveau
statut du travail salarié qui serait un nouveau stade
d'émancipation du travail et des hommes et des femmes
au travail ».
Nous leurrons les syndiqués si nous leur laissons
croire que l'on peut diriger collectivement une structure
(entreprise industrielle, banque, service public) qui ne
leur appartiendrait pas collectivement. Vous connaissez un
patron qui distribue même parcimonieusement son
pouvoir ou ses biens ? Vous connaissez un homme qui donne
des sous à ses voisins ou le droit de marcher sur sa
pelouse ? On ne dirige que ce que l'on possède, dans
le cadre des lois de la République. La
solidarité, nous sommes d'accord. La
solidarité entre pauvres, nous laissons cela aux
uvres caritatives et aux religieux. La
solidarité entre riches et pauvres oblige la remise
en cause de l'ordre établi.
Pour en entendre parler, il faut écouter France
Culture, lire le Courrier International ou regarder ARTE
à 2heures du matin.
Si la lutte de classe n'existe plus, il est évident
qu'une organisation syndicale révolutionnaire (dans
le sens de changer l'ordre établi )n'a plus de raison
d'être. Cela explique pourquoi nous ne revendiquons
plus dans la résolution la socialisation de certains
moyens de production et d'échange comme moyen de
peser sur le capitalisme pour redistribuer les revenus et
permettre l'accès aux plus démunis à la
santé, l'éducation, la sécurité,
l'électricité, l'eau, etc...
Nous demandons que le Congrès débatte de cette
question dès l'ouverture des travaux afin que les
délégués sachent immédiatement
dans quelle organisation ils militent.