Déclaration CGT lors du CHSCT du 15/12/05 Monsieur le président, Les graves accidents industriels qui viennent de se produire, la dégradation quotidienne des conditions de travail, de sécurité, la déprime qui s’étend dans le personnel, témoignent d’une situation inédite. Jamais les salariés n’ont été confrontés à tant de dangers et de risques dans tous les domaines. Il faudrait être sourd, aveugle pour nier cette évidence. Mais d’aveugle et de sourd il n’y en a point dans cette unité ! A moins que l’effet de la « pensée unique » agisse sur certains, comme l’apparition d’éléphants roses après la consommation de produits hallucinogènes. De ce point de vue, bien des cas , certain mériteraient un dépistage ou une étude épidémiologique... Bref, si ces derniers représentent un véritable danger pour la collectivité, il est pour le moins évident, qu’il faut d’abord s’intéresser à ceux, beaucoup plus nombreux qui subissent les conséquences de ces troubles du comportement. Le diagnostic et la radiographie de ces effets indiquent qu’ils sont le résultat d’une dégénérescence lente et inexorable provoquée par des désinvestissements réguliers : -Dèsinvestissements industriels , humains, financiers, comme en témoigne par exemple le circuit incendie ne répondant plus aux normes sans la mise en place de mesures compensatoires. -Dèsinvestissements humains par des réorganisations en cascade, provoquant une perte de repère pour le personnel. A ce titre le plan social annoncé risque d’ accélérer la perte de globules dans le système immunitaire, essentiel pour se protéger des risques quels qu’ils soient. Tout au long de ce processus , les moments de convivialité de fraternité ont été passés en perte, au profit d’un changement culturel plébiscitant le « savoir être » et le « savoir paraître ». Bref, un cocktail de poisons provoquant un vieillissement prématuré de cette entreprise, jadis en bonne santé physique, choyée par des agents motivés, en une espèce de vieillard grabataire et flétri tenant à peine sur ses deux jambes. Chacun le sait , l’individu, son comportement est éminemment lié à son environnement. Les récents évènements dans certains quartiers populaires déshérités ont éclairé une fois de plus cette équation. Certains responsables gouvernementaux ont tenté de stigmatiser les causes de ces événements, pointant du doigt certains boucs -émissaires pour mieux masquer les effets désastreux de leur politique économique et sociale. Aujourd’hui, un rapport des plus officiels vient de dévoiler au grand jour la vraie raison de cette mini-insurrection, c’est à dire l’insécurité sociale. L’analogie est bien sur évidente avec le monde de l’entreprise. Pour en témoigner, le récent courrier du directeur d’unité adressé au personnel pointant la responsabilité individuelle alors que la majorité des agents dénonce la pression temporelle, les effets du planning, etc. Bref tout ce qui concourt à la recherche effrénée de gain de rentabilité. Face à cette situation, il faut, nous dit-on, progresser ensemble, tendre vers un objectif commun, sacraliser la sécurité comme une valeur universelle. Voilà bien des mots, qui au fond ne veulent pas dire grand chose, si ensemble nous ne partageons pas les mêmes idées pour y parvenir. C’est comme si on demandait aux habitants de ces banlieues, de s’associer avec ces mêmes représentants du gouvernement alors qu’ils mènent une politique de fond à l’encontre des droits des salariés, des services publics et de l ‘emploi. Ainsi, alors que le chômage atteint prés de 40 % dans cette population, 6000 emplois vont être supprimés à EDF limitant encore un peu leurs chances de s’insérer dans la société. Monsieur le président, l’état d’insécurité globale qui règne dans cette unité ne pourrait faire l’objet de traitements de surface. En conséquence, vous voudrez bien nous indiquer dans le détail, les moyens organisationnels, humains et financiers que vous comptez mettre en œuvre pour améliorer durablement la situation.