Déclaration CGT en CHSCT du 12/10/05 (Nogent)

Monsieur, le président, ce CHSCT se tient dans un contexte marqué par une dégradation profonde des conditions de travail et de sécurité.

Profonde est bien le mot qui convient car au-delà des chiffres catastrophiques qui confirment cet état de fait, c’est bien évidemment sur les causes de cette situation qu’il convient de phosphorer.

Premièrement, ce constat n’est pas le résultat d’une volonté divine qui échapperait au commun des mortels mais bien de conséquences de choix politiques et industriels.

Vous avez contribué et quand nous disons vous nous parlons de la Direction, à livrer à la dictature du marché cette entreprise et son personnel.

Conséquence, la recherche effrénée de gisements de rentabilité financière est devenue votre seule variable d’ajustement.

Aussi, ne faut-il pas s’étonner que dans les faits de la vie quotidienne des salariés cela se traduise par des reculs importants en matière d’investissements et de moyens.

Tout cela, contribuant à ce que ces mêmes salariés paient le lourd tribut de votre stratégie.

Dans ce contexte et sans un reniement de ce processus, vos remèdes apparaissent de plus en plus désuets et démagogiques.

Comme disait un célèbre humoriste, c’est mettre du mercurochrome sur une jambe de bois ou vouloir guérir le cancer avec un sirop pour la toux.

Votre politique locale confirme d’ailleurs ce lien étroit avec ces corollaires.

En témoigne, au hasard, l’enterrement du comité sécurité et l’indigence des moyens mis en œuvre pour la sécurité.

A pardon ! nous allions oublier.

Il y a quand même un secteur qui ne souffre pas de crédit, la COM tant il est vrai que les pages des revues locales fourbissent de belles photos ou comptes rendus dithyrambiques. Certes l’objectif n’est pas d’améliorer les choses cela se saurait vu les statistiques.

Les vertus sont ailleurs et ont sans doute pour vocation à masquer la réalité et faire comme si tout allait bien.

Nous devons admettre que de l’extérieur on a de quoi être abuser.

Dans ce contexte, nous confirmons au passage, que malgré les multiples sollicitudes dont a fait l’objet la CGT, elle ne associera pas au concours sécurité.

En effet, quand bien même nous partageons l’importance de ce thème, les agents le savent. Nous ne pourrions nous retrouver en première page, côte à côte avec une direction qui contribue par sa politique à générer les maux dont souffrent les salariés.

Mais revenons à l’actualité, le CNPE a connu récemment le 30/9/05, un incident dont les conséquences auraient pu être beaucoup plus graves. Cette analyse est d’ailleurs aujourd’hui confirmée par le rapport hebdomadaire de sûreté, disponible sur le portail Nogent.

Les causes de cet incident traduisent un sous investissement et un manque de considération pour certains critères notamment l’intégrité de ces bâtiments.

Les travaux réalisés dans l’urgence avant le redémarrage traduisent d’ailleurs cet état de fait.

Cet événement cumulé à beaucoup d’autres dans la période, nous précisons, évènements connus, confirme la dégradation en profondeur que nous évoquions précédemment.

Mais quand bien même pourrions nous en faire la liste, c’est principalement la place et le sort réservés aux salariés dans cette situation qui nous interpellent.

Sur cet aspect et tenant compte de l’état de fatigue, de démotivation du personnel que beaucoup observe, nous sommes stupéfaits du silence quasiment « religieux » de la médecine du travail.

Nous attendons depuis des mois qu’il y est au moins une expression, un signe d’inquiétude.

Rien.

Ou tout au moins à l’adresse des organisations syndicales !

Peut être avez-vous en tant que Direction quelques discussions en CDO sur ce sujet.

Je dois dire que cette attitude concourt à ce les agents aient de moins en moins l’envie de se confié.

A quoi bon doivent-ils se dire !

A titre d’exemple, nous aurions pu penser que l’on s’intéresse à l’état de santé psychologique des agents a l’issue de cet évènement, le courrier d’un agent adressé aux membres de cet organisme, témoigne de cette nécessité, mais rien toujours rien !

Quelle considération pour le personnel !

Dans ce domaine et pour marquer la différence entre les intentions et les actes, nous avons repris votre interpellation des responsables en CDO vis à vis de la situation grave en matière de sécurité et nous les avons comparés aux actes.

En nous disant, attendons de voir, peut être que ?

En langage socialiste cela s’appelle « la période rose » !

Mais les hommes changent et les effets restent les mêmes...

En effet, vendredi 7/10/05, alors que les principaux managers de cette unité étaient en séminaire aux « graviers » lieu de villégiature bien connu dans la région, les agents s’apprêtaient eux à faire face simultanément, au redémarrage de la tranche 1 et à l’arrêt de la tranche 2 pendant le week-end. C’est à dire au moment ou les ressources sont réduites au minimum

Vous auriez pu faire autrement en prenant en considération l’état physique et psychologique du personnel mais sans doute que le chalenge n’aurait pas été aussi palpitant !

Cela quelques jours à peine après le déclenchement d’une cellule de crise nationale dont les stigmates étaient encore présents chez de nombreux agents.

Bref, nous avions là réunies, toutes les conditions pour qu’un nouvel incident ou accident se produise.

Voila ce que nous appelons joindre le geste à la parole.

Mais sans doute était-ce pour rassurer les futurs actionnaires ?

Nous précisons que ni le niveau d’indisponibilité des ressources énergétiques ni les conditions météos ne justifiaient cette situation.

Nous vous le disons solennellement monsieur le Président, les conditions de sécurité de travail des agents ne sauraient être l’enjeu de défis ou de chalenges lancés par quelques managers ou responsables en mal de sensations fortes !

Il y a dans cette unité des femmes et des hommes qui méritent beaucoup plus de considération.

Le respect des personnes auquel vous semblez être très attaché aurait du commencé par là.

Autre sujet qui malheureusement marque votre arrivée sur le site en tant que président du CHSCT.

Je veux parler de votre refus de mettre en pièce jointe aux membres du CHSCT un document fourni par notre organisation qui n’est ni plus ni moins que le cahier des charges d’une commande d’audit effectuée par le CNPE.

Au-delà de son contenu, dans un premier temps, c’est votre attitude qui entrave le fonctionnement de cet organisme qui pose problème.

En effet, l’argutie que vous utilisez pour refuser l’envoi de ce document est inacceptable du fait que c’est sous couvert de l’employeur que cette commande a été réalisée.

Au-delà de cet écart, c’est bien évidemment sur son contenu qu’il convient de débattre.

Nous sommes d’ailleurs scandalisés que la situation qu’il décrit ait pu faire l’objet d’une telle rétention d’information. Alors qu’il est question de l’état de santé des salariés et excusez du peu, pas des moindres, puisqu’il s’agit des chefs d’exploitation en charge de responsabilités extrêmement importantes quant aux conditions d’exploitation.

Cette façon de faire éclaire encore un peu plus les méthodes utilisées dans cette unité pour cacher et éviter la remonté des écarts.

Cette situation est extrêmement préoccupante et soyez en assuré nous ne ferons pas l’impasse d’alerter les autorités sur cette situation.

Enfin, monsieur le Président l’arrêt de tranche 2 a démarré. C’est une nouvelle occasion pour vous de donner des signes forts pour améliorer la sécurité et les conditions de travail des salariés.

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