Le
26/11/04 Nucléaire
: des économies qui peuvent couter cher ! Ce n'est que le
début, d'accord, d'accord
Et ça continue
encore, encore ??? En juin 2004, l'action des
agents du CNPE contre la privatisation avait mis en
lumière ses conséquences directes sur le
service public. Aujourd'hui la CGT
dénonce une accélération de ce
processus avec en toile de fond une profonde
dégradation des conditions de travail et de
sécurité au sein du CNPE. Elle n'est d'ailleurs
pas la seule. En effet, les différentes
autorités ne sont pas en reste sur le
constat. L'IN (Inspection
Nucléaire) qui vient d'effectuer récemment une
inspection sur le site, a noté pas moins de 577
constats d'écarts portant sur la propreté et
l'état du matériel, du côté de
l'inspection du travail (DRIRE) rien de mieux puisque
celle-ci vient de demander officiellement à la
Direction du CNPE de lui communiquer les dispositions
qu'elle comptait prendre pour redonner pleine confiance
à son personnel. C'est la
première fois que cette autorité va aussi loin
dans ses recommandations. Pour étayer ses
propos, la CGT évoque des faits traduisant une
altération des lignes de défense garantissant
le bon fonctionnement d'un site nucléaire. A titre d'exemple,
l'événement du 6/11/04 provoquant
l'arrêt inopiné de la tranche 2, traduit assez
bien le contexte. Les faits : La situation se
complique : La situation devient de
plus en plus tendue. La situation se
dégrade
Finalement, la
situation devient intenable. Une situation qui
ne manque pas de sel. Au discrédit
s'ajoute l'imposture : Cet
événement ne doit rien au hasard et vient
simplement corroborer les différents constats
effectués par le personnel et les membres du CHSCT
depuis plusieurs mois. La Direction fait
pression ! Le système de
lutte contre l'incendie hors norme ! Les membres du CHSCT ont
également déposé un droit d'alerte
concernant les moyens de lutte contre l'incendie dans
différents bâtiments du site. Le matériel de
distribution de gaz sous pression,
obsolète ! Traitements des
déchets radioactif : des conditions de travail
inacceptables ! Le matériel
confié à la sous-traitance manque aussi
d'entretien ! Les protections
individuelles n'échappent pas non plus à
la réduction des coûts ! En effet, sur intervention
des membres du CHSCT plus de 400 casques de
sécurité obsolètes sont
éliminés et remplacés. Ces exemples ne sont pas
exhaustifs
Ce n'est qu'un
début ? De quoi
frissonner ! Les dernières
décisions du Gouvernement confirmant le début
de privatisation de l'entreprise ne feront qu'accentuer
l'engagement de la Direction sur cette pente dangereuse de
la productivité avant tout. Les actionnaires
exigeront de toucher tous les ans leur 15% de bénef
sur leurs investissements. La CGT et le personnel
continueront à faire de la Sureté
Nucléaire sa priorité et ne transigeront pas
sur la Sécurité des hommes et du
matériel. Dernière
minute:
Pour pouvoir fonctionner le CNPE dispose d'un
système de vaccination de l'eau de refroidissement
(partie non-nucléaire).
L'acide sulfurique injecté permet d'éviter
l'entartrage des
aéro-réfrigérants.
Cette fonction est donc essentielle pour la production de MW
et la préservation du matériel.
A noter que cette installation souffre, depuis sa
construction, de problèmes récurrents
liés à sa conception.
Ainsi, malgré les interventions du CHSCT
(Comité Hygiène Sécurité
Conditions de Travail) et du personnel, la mise en
conformité de cette installation n'est toujours pas
terminée (15 ans).
Dans ce cadre et afin de satisfaire aux contrôles
réglementaires non respecté depuis 2 ans, une
des deux capacités de stockage d'acide est
retirée de l'exploitation.
L'autre disponible, doit assurer la réserve d'acide
pour « vacciner » les 2 tranches puisque
la Direction a décidé de maintenir
celles-ci en fonctionnement.
Avec une réserve d'acide, réduite en moyenne
à 75t et à raison d'une consommation
journalière de 45 t/j, les conditions de travail
et d'exploitation deviennent très
tendues.
Afin de nettoyer l'intérieur des bâches de
stockage pour réaliser les contrôles internes,
la direction décide de sous-traiter cette
activité. Or il n'y a pas de contrat avec le
prestataire pour effectuer ses travaux.
Il faut donc plusieurs jours pour réaliser à
la hâte ce document ainsi que l'analyse de
risques.
Ce n'est pas fini car cette société n'a jamais
réalisé cette activité et il faut donc
maintenant assurer la formation de ses
salariés.
Comment ?
Toujours est-il que de nombreux avatars techniques vont
perturber ces débuts de travaux !
Il faut également signaler que les services du CNPE,
concernés par cette situation, souffrent
déjà depuis plusieurs mois d'un sous-effectif
et de fait de ressources insuffisantes pour réaliser
les activités normales d'exploitation, d'où
les retards sur la pause d'échafaudages, la mise
à disposition de matériel de manutention, etc
Les membres du Comité d'Entreprise dénoncent
depuis des mois cette situation.
Au plus les activités prennent du retard, au
plus les appoints d'acide se multiplient pour
compenser l'insuffisance de réserves,
ceux-ci nécessitant à chaque fois
l'arrêt des travaux.
D'une activité prévue sur quelques jours
nous sommes à plusieurs semaines et le contrôle
réglementaire de la capacité n'est toujours
pas réalisé et ne le sera pas
.
Samedi 6/11 à 14h45, les agents du service
exploitation font observer que les réserves d'acide
ne seront pas suffisantes pour passer le week-end. Pourtant
des besoins supplémentaires avaient été
identifiés deux jours avant car la
qualité de l'eau de Seine se dégrade et il
faut augmenter l'injection d'acide.
Il suffit qu'un camion d'acide se perde dans la nature et il
est trop tard
.
Dès lors deux options se présentent :
- Respecter la consigne d'exploitation qui impose de
respecter la vaccination acide des installations et pour ce
faire, arrêter une des deux tranches.
- Maintenir les 2 tranches en fonctionnement à pleine
puissance dérogeant ainsi à la consigne
d'exploitation et provoquant ainsi l'entartrage
irréversible des
aéroréfrigérants qui, soit dit en
passant, viennent d'être récemment remis
à neuf (100% tr1, 50% tr2)
La Direction locale « innovera » en la
matière et choisira la deuxième
option.
On peut imaginer sans doute les raisons de ce choix.
En effet, arrêter une tranche nucléaire
de 1300 MW pour un simple manque d'acide ferait sans doute
désordre auprès des Directions et de l'opinion
publique
Cette situation va durer 7 heures.
La direction du site demande au COOP (Centre
d'Organisation et d'Optimisation de la Production nationale
d'Energie), le report de l'arrêt de la centrale de
CHINON ( prévu depuis plusieurs jours )
pour arrêter la tranche N°2 de NOGENT
.
Le COOP donne son accord et la tranche 2 de Nogent est
arrêtée le Dimanche 7 novembre à 1 h du
matin pour manque d'acide.
On peut se demander d'ailleurs ce qui se serait passé
si cela n'avait pas été possible.
Y aurait-il eu des délestages électriques sur
le réseau européen, des coupures ? (va
savoir
)
Sans doute pour sauver les apparences, la Direction du CNPE
communiquera :
« la tranche 2 de Nogent a été
arrêtée ce Dimanche 7 novembre à
0h23.
En effet, l'approvisionnement en acide permettant le
traitement anti-tartre de nos
aéroréfrigérants prévu ce
Vendredi 5 novembre n'a pas été
réalisé pour des raisons dépendantes de
notre fournisseur
»
Ouf ! Ca y est, le coupable est
trouvé !
Mais en interne personne n'est dupe, ni les agents ni les
directions nationales !
En effet, il faut se souvenir que lors du conflit de
juin, les directions nationales avaient
apprécié le sens des responsabilités
des agents en grève pour avoir fait rentrer les
camions d'acide malgré les modalités de
blocage des véhicules à l'entrée du
site.
Ceci afin de préserver l'intégrité du
matériel et la sécurité du
réseau électrique.
Quel paradoxe
..
Tentant de porter jusqu'au bout le reniement de ses
responsabilités, la Direction aura le toupet de nier
publiquement devant le personnel le mardi 16 novembre,
qu'elle avait sciemment décidé de
« sous-vacciner » les
aéroréfrigérants !
Mais l'affaire n'est pas finie, et alors que l'acide n'a
toujours pas été livré, la Direction
décide de redémarrer la tranche 2 en
maintenant toujours la sous -vaccination.
Pour répondre aux agents qui s'interrogent sur cette
pratique, un manager explique que si la tranche n'est pas
sur le réseau à pleine puissance
Dimanche à 6 h, on risque de perdre un gros
client.
En clair, on sacrifie le matériel pour
répondre aux lois du marché .
Finalement un aléa technique ne permettra pas
à la tranche 2 d'être au rendez-vous,
provoquant ainsi l'envoi d'un message d'alerte (S)
demandant à l'ensemble de la production
nationale d'éviter toute manoeuvres à risques,
en raison d'un réseau électrique plus que
tendu.
Décidément entre les mains de nos
dirigeants,le service public a un bel avenir
Fermez le ban !
Récemment les membres du CHSCT ont fait
arrêter, en déposant un droit d'alerte, la
station qui fabrique l'eau
déminéralisée pour alimenter les
circuits de la centrale.
Ce matériel souffre depuis plusieurs années de
vétusté suite au mauvais entretien. En
atteste, plusieurs dizaines de demandes d'intervention pour
réparations, restées en attente depuis
plusieurs mois.
La DRIRE dépêchée sur place a pu
constater les dégâts et à demandé
à la Direction de lui indiquer les résolutions
qu'elle compte mettre en oeuvre pour redonner la confiance
en son personnel démotivé par le manque de
moyens pour réaliser les activités et pour
entretenir le matériel.
C'est une première car jamais cette autorité
n'avait été aussi loin dans ces
recommandations.
En réponse aux photos réalisées et
diffusées aux autorités pour mettre en
évidence la dégradation du matériel, un
courrier est adressé aux membres du CHSCT pour
leur faire savoir que les prises de vues sur le site doivent
faire l'objet d'une autorisation de la Direction.
Bonjour la transparence !
Ce constat a mis en évidence que le système ne
comportait pas toutes les garanties nécessaires
à la lutte contre l'incendie.
L'audit réalisé sur ce sujet a
révélé plus d'une centaine de points
d'écarts donnant ainsi raison aux constats
d'écarts révélés par les
représentants du personnel.
Interpellés par les agents, les membres du CHSCT ont
également mise en évidence que la quasi
totalité des centrales de détente de gaz
haute pression et leurs flexibles souffrait d'obsolescence
depuis plusieurs années ( 15 ans ).
Il aura fallu plusieurs mois pour obtenir de la Direction le
résultat de l'expertise confirmant ainsi
l'état de ces matériels.
Autre droit d'alerte déposé, concernant
les conditions de travail dans le bâtiment de
traitement des déchets radio actifs.
Depuis, la Direction a mis en place un plan de
propreté.
Un droit d'alerte a été
déposé pour mettre hors d'usage une citerne
mobile servant au stockage de déchets chimiques. Il
aura fallu prés de 6 mois et plusieurs interventions
pour que finalement ce matériel soit enfin
remplacé.
Même type d'intervention pour un nouveau droit
d'alerte sur un matériel similaire utilisé
pour le nettoyage d'échangeurs de
température.
Au dernier moment, la chance sourit à la Direction
qui présente aux membres du CHSCT les
éléments qui faisaient défaut pour
assurer la sécurité du personnel.
Mais le vent tourne. 6 mois plus tard, ce même
matériel utilisé par une nouvelle
société de sous-traitance n'est toujours pas
réparé ce qui incite les salariés
de cette entreprise à déposer un nouveau droit
d'alerte.
Cela commence à faire désordre, d'autant que
chaque droit d'alerte est porté à la
connaissance de la DRIRE
Finalement celui-ci ne sera pas déposé.
Pour quelles raisons ?
Quels moyens persuasifs a t-on utilisé pour
convaincre ses salariés déjà en proie
à la précarité ?
Après avoir annoncé qu'elle avait
économisé 900 Kf sur les coûts de
maintenance, la direction dans son projet de site 2004/2007
annonce qu'elle compte accentuer cette politique et
prévoie une durée de vie des installations
jusqu'en 2037.
La Direction n'a pas l'intention de faire passer la
Sureté Nucléaire au premier rang de ses
préocupations. Preuve en est son attitude revencharde
envers les syndiqués CGT qui osent parler pour
garantir la santé des agents. Cela se traduit par un
harcellement de la hiérarchie envers ces agents, par
la privation de promotion. Le syndicat CGT constitue un
dossier sur ces menaces afin de le porter, le cas
échéant, devant les tribunaux. Le syndicat CGT
appelle le personnel à soutenir activement ses
militants, cela passe bien entendu par la lutte pour
résoudre concrètement les problèmes de
Sureté.