Le 22/11/2002

La sécurité exige des moyens . Communiqué de presse des délégués CGT

Les membres CGT du CHSCT du CNPE de nogent sur seine communiquent.

Depuis plusieurs semaines, la tranche 1 du CNPE est à l'arrêt pour révisions et rechargement de combustible, en complément de ces activités conventionnelles, il est procédé au désentrartrage de l'aéroréfrigérant tranche1.

Pour réaliser ces activités, l'effectif est passé de 700 à 1700 salariés (EDF et prestataires).

En anticipation et en rapport avec cette accroissement d'activités et leurs risques associés, la CGT avait demandé le détachement, hebdomadaire et à tour de rôle, d'un membre CGT du CHSCT (Comité d'Hygiène de Sécurité et des Conditions de Travail) pour assurer une présence permanente de l'organisme auprès des salariés pendant cette période.

En dépit des raisons évoquées et des textes réglementaires, la Direction du site a juger exagérer la demande de la CGT et a refusé le détachement de ses représentants.

Pour la CGT ce comportement lève le voile sur les finalités d'une politique en trompe l'œil vis à vis de la sécurité.

La CGT étaye son analyse sur plusieurs paramètres.

-Aujourd'hui la politique de réduction budgétaire a réduit tous les moyens, ceux des agents EDF comme ceux des salariés prestataires. Cette situation a de graves répercutions sur les conditions de travail et la sécurité. Or, pour sauver la face vis à vis de l'extérieur la Direction revoie une image virtuelle de la sécurité, c'est ainsi qu'elle a mis en place des groupes techniques de sécurité qui d'un premier aspect peuvent paraître intéressants mais qui finalement servent à bi-passer le CHSCT organisme de droit ou les organisations syndicales sont beaucoup moins conciliantes et font respecter la loi.

Malgré cette entrave, l'activité des représentant CGT n'a pas cessé et de nombreuses interventions et courriers ont été effectués auprès de la Direction du site pour régler des problèmes ou dénoncer des situations dangereuses, notamment la dernière en date 21/11/02 avec la détection de présence de fibres d'amiante en salle des machines de la tranche 2, incident qui a fait l'objet d'une demande d'expertise officielle et immédiate par la CGT pour expliquer la présence de ce produit extrêmement dangereux dans ces locaux alors qu'une réglementation très strict existe en la matière.

Un autre exemple éclaire un peu plus la situation. En effet, alors que la CGT dénonçait il y a quelques mois une pénurie de protections individuelles, elle vient de mettre en évidence que plusieurs centaines de casques servant à la protection du personnel notamment en zone nucléaire avaient une date de péremption dépassée.

A noter que chacune des interventions de la CGT est envoyée à l'inspection du travail DRIRE qui pour l'instant n'a pas rendu compte de ces interpellations

Chacun comprendra mieux au regard de ces quelques exemples pourquoi la Direction du CNPE tente d'entraver le fonctionnement du CHSCT et veut limiter la présence des représentants CGT sur le terrain.

Pourtant, selon la CGT, la situation risque de se compliquer.

En effet, pour des raisons d'ordre technique, radiologique et financière que chacun essaie de deviner, l'arrêt de la tranche 2 initialement prévu dans plusieurs mois a été anticipé pour démarrer dans les jours qui suivent. Or, cet événement fortuit va générer des problèmes supplémentaires.

Là encore c'est le silence le plus total de la Direction locale qui n'a même pas dénier informer les organismes tel que le comité d'entreprise ni le personnel, quant au CHSCT, il ne sera réuni le 27/11/02 en séance extraordinaire que grâce à une demande de la CGT.

Cette situation met les agents en situation d'incertitude et d'inquiétude notamment vis à vis de la préparation des activités, des moyens matériels et humains nécessaires, d'organisation, de prise de congés et de reconnaissance pécuniaire.

A noter que si l'arrêt de tranche 1 en cours, avait nécessité plusieurs mois de préparation, nécessaires et conformes aux impératifs d'assurance qualité et de sûreté, l'arrêt de la tranche 2 ne bénéficierait que de quelques jours de préparation. Même si les activités sont similaires, les agents réunis en assemblée le 21/11/02 estiment comme la CGT que cette situation est inacceptable. De plus, les risques radiologiques beaucoup plus importants qu'en tranche 1 exigent une étude de risques conséquente.

Provocation ou comportement irrationnel de la Direction qui a finalement décidé de donner la priorité aux médias en matière d'information sur la situation , puisqu'elle organise vendredi 22/11/02 un point presse.

Quant au premier concerné, le personnel qui réalise les activités et les organisations syndicales, ils seront sans doute les derniers informés ou pas du tout.

Chacun appréciera ce sens des responsabilités

Ainsi va la vie et le respect du personnel au CNPE de Nogent sur seine

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