Le
01/10/05 Incident
sur le réacteur N°1 qui aurait pu mal tourner !
Communiqué de
presse du 1er Octobre de la section syndicale CGT de la
centrale nucléaire de Nogent sur seine. Objet :
incident du 30 septembre 2005 sur le réacteur
n°1 Le vendredi 30
septembre 2005 s'est produit un incident sur le
réacteur n°1 de la centrale. Cet incident a
déclenché le Plan d'Urgence Interne et le plan
national d'urgence. Le contexte de
l'incident : Les causes de cet
incident : Pour la CGT, ce genre
d'incident risque de se répéter. En effet, comme en
témoigne cet évènement, la
réduction des coûts, les reculs en
matière de maintenance et d'entretien ne se font pas
forcément sentir immédiatement mais ils
fragilisent petit à petit et en profondeur la
sûreté des installations et la
sécurité des citoyens.
Cet incident s'est produit au redémarage de la
tranche 1 après un arrêt marqué par une
pression temporelle toujours plus grande.
Des locaux contenant des matériels électriques
et électroniques asservis au pilotage du
réacteur et aux systèmes de secours ont
été partiellement inondés.
L'arrosage d'armoires électriques a
déclenché intempestivement le démarrage
d'un circuit de secours.
Ce dernier élément démontre que cet
incident aurait pu avoir des conséquences beaucoup
plus graves pour la sûreté et la maîtrise
du pilotage du réacteur si d'autres
matériels avaient été
endommagés, en raison de fuites d'eau plus
importantes.
Informés par la Direction seulement 4 heures
après l'incident, les représentants CGT ont
demandé rapidement la réalisation d'une visite
du CHSCT (Comité d'Hygiène de
Sécurité et des Conditions de Travail).
Au cours de cette visite, les représentants, en
présence de la Direction, ont découvert
dans ces locaux, la présence de dispositifs
"improvisés", souvent scotchés au plafond ,
apparemment destinés à récupérer
et à contenir d'éventuelles fuites d'eau.
On en connaît aujourd'hui l'efficacité.
Des protections en plexi glass collées sur le dessus
de certaines armoires électriques ont
été également
photographiées.
Des dispositifs similaires ont été
identifiés dans les mêmes locaux de la tranche
n°2.
Leur existence démontre que le problème
était connu depuis une dizaine d'années.
Cet incident indique que durant tout ce temps, tous
les investissements nécessaires n'ont pas
été réalisés pour se
dédouaner d'un risque majeur pour la
sûreté des installations.
On peut également se demander comment les
autorités ont pu ignorer ou comment ont elles pu ne
pas être informées de ces écarts lors
des nombreuses inspections réalisées sur le
site ?
Suite à cette visite les représentants du
CHSCT ont déposé un droit d'alerte et de
retrait pour danger grave et imminent et exiger ainsi de la
direction qu'elle mette les deux réacteurs dans un
état de sûreté maximale.
La privatisation d'EDF, si elle se faisait, adossée
à la rentabilité financière due aux
actionnaires, accélérerait sans aucun doute ce
processus.
C'est d'ailleurs pour anticiper cette démarche que
les Directions d'EDF ont annoncé au travers du
"plan Altitude 7500", un nouveau plan
d'austérité financière et de
réduction d'emploi.
La CGT a interpellé à de nombreuses reprises
les directions et le gouvernement sur les
conséquences de cette politique et une
dégradation des conditions d'exploitation du
nucléaire en France.
Localement, la CGT et le personnel dénoncent depuis
plusieurs années les dérives de cette
situation marquée par une augmentation constante des
accidents du travail et de leur taux de
fréquence.
De plus, les nombreux droits d'alerte déposés
dans la période attestent de la dégradation du
matériel.
Fort heureusement jusqu'à présent, c'est le
professionnalisme et la réactivité des agents
qui ont permis d'éviter le pire et ce, dans des
conditions de travail de plus en plus
précaires.
Pourront-ils continuer longtemps à se substituer aux
carences ?
A noter que ce sont souvent ces mêmes agents qui
combattent sans relâche la politique du gouvernement
et des directions.
Eu égard à l'importance de cet
événement il est fort probable que les
autorités nationales engagent un retour
d'expérience sur l'ensemble du parc
nucléaire.
Enfin, 3 jours après la "journée
Sûreté"organisée sur le site, cet
incident démontre qu'il ne suffit pas de faire de la
"com" pour se donner bonne conscience.