Le 13/12/2001

Grandeur et Décadence

Alors que le pays bat des records de consommation d'électricité, la contribution du CPT de Montereau est bien en dessous de ce qu'on pourrait en attendre.

A qui la faute ?

Pas au personnel de conduite qui fait ce qu'il peut,

- avec un outil de production dégradé dont la maintenance est délaissée,

- avec des compétences limitées par le départ d'agents expérimentés remplacés tardivement et partiellement par des jeunes en cours de formation.

- Avec la reprise d'activités de manutention …

A qui la faute ?

Pas au personnel de maintenance,

- dont les compétences techniques sont de plus en plus mises au service des patrons du privé pour qui l'attachement au service public se borne au bénéfice qu'ils peuvent en tirer,

- dont le savoir-faire acquis par l'expérience s'amenuise du fait de la pression à la mobilité exercée par certains hiérarchiques plus préoccupés par l'effectif cible et les économies que par les performances du CPT,

- dont la motivation est anéantie par les réformes successives d'organisation.

A qui la faute ?

Pas au personnel de manutention,

- dont le roulement ne permet même pas l'alimentation en charbon de la tranche sans recours aux heures supplémentaires,

- dont les effectifs sont tellement réduits qu'on envisage de privatiser l'activité.

A qui la faute ?

Pas au personnel tertiaire (gestion, administration),

- à qui l'on en demande de plus en plus,

- qui subit des réductions d'effectifs compensés par des intérimaires et des contrats de qualifications à qui il faut apprendre de travail et qui sont renvoyés quand ils pourraient être efficaces !

A qui la faute ?

Pas aux jeunes embauchés,

- à qui on impose le travail à temps partiel (32h) pour réduire la masse salariale, notamment à la conduite où des journées qui pourraient être consacrées à la formation sont des journées de RTT imposées,

- à qui on refuse l'équité de traitement en matière de logement,

- à qui on voudrait imposer de rentrer dans le moule étriqué de l'intégration à la politique de l'entreprise, ce qui les conduit à n'exprimer leur opinion qu'en comité restreint.

A qui la faute ?

Pas aux anciens

- qui ont beaucoup donné au cours de leur carrière durant la quelle ils ont pu constater la dégradation des conditions de travail, de la convivialité, des relations professionnelles, de la reconnaissance des compétences et à qui on ne peut pas reprocher, dans ces conditions, d'attendre la mise en inactivité comme une délivrance.

Mais alors, à qui la faute ?

Sans citer de noms, avec un peu de sens critique, il est aisé d'observer que depuis quelques années les équipes de directions successives ont, chacune à leur façon, créer les conditions de la situation dans laquelle nous nous trouvons.

Les objectifs de réponse aux besoins du service public se sont progressivement effacés devant les objectifs de gestion à court terme,

- privilégiant les économies immédiates plutôt que l'efficacité à long terme,

-délaissant les préoccupations techniques en imposant des contraintes incohérentes de réduction des coûts,

- développant l'autoritarisme et la discrimination contre l'écoute mutuelle et constructive,

- diabolisant ceux qui expriment leurs désaccords, faisant preuve de largesses pour les managers qui font semblant d'être d'accord pour préserver leurs intérêts personnels et ceux qui, de passage au CPT qui s'investissent un temps dans ce sabordage avant d'aller glaner des NR ailleurs !

Chacun a pu observer comment les directeurs successifs se sont constitué leur équipe, prétendant corriger les errements de leurs prédécesseurs, en renforçant soit disant les compétences dans tel ou tel domaine.

Ces objectifs affichés n'étant pour l'essentiel qu'un prétexte pour arroser les copains au détriment des agents qui, attachés à leur centrale et à son histoire, ont su faire fonctionner les tranches pendant des années.

Quelques fait récents:

- En fin d'exercice budgétaire, il semble que "les caisses du CPT" soient vides. On n'aurait même plus de quoi acheter de l'huile pour les réducteurs de broyeurs dont on récupère les fuites pour refaire les niveaux.

- A une semaine d'intervalle, deux reddlers ont explosé malgré les affirmations de la direction que ce phénomène était maîtrisé. Où sont donc les compétences techniques promises et qui ont justifié des mutations promotionnelles ? Combien de temps va t'on tenir avant qu'il n'y ait un accident corporel ?

- Le manque de maintenance des installations des suies conduit à de grosses difficultés : Interventions multiples, reprise par camions, stockage des suies …

- Alors qu'on nous assure qu'il y a 30 à 40 agents en sureffectif par rapport à la cible, on n'a pas trouvé un seul agent pour accueillir deux collégiens en stage de découverte. Ils ont du rester une journée à attendre dans un bureau. Qu'en pensera leur principal de collège ?

- Un agent en contrat de qualification (qui est là pour se former) est utilisé pour palier à la surcharge de travail. Une chose est acquise, diplôme ou pas diplôme, à la fin de sa formation cette personne sera envoyée à l'ANPE.

- A un mois de la commission secondaire, la direction refuse de donner réponse aux propositions syndicales d'avancement au choix. C'est ainsi que s'exprime la reconnaissance du personnel et de ses organismes de représentativité.

Une chose est certaine, le personnel du CPT aura toute sa place dans le rassemblement organisé par le syndicat régional CGT le 13 décembre à Choisy le Roi, auprès du Président de la Commission Secondaire et Directeur de l'Unité, pour exprimer son ras le bol et exiger:

Les moyens de faire des MégaWatts,

La reconnaissance et le respect du personnel.

Faisons-le !

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