Le 04/12/02

Compte rendu du SCMP: une direction bien embarassée....

SCMP du 3 Decembre 2002

Après avoir attendu la délégation CFDT absente sans raison connue, la séance a été ouverte.
Avant l'examen de l'ordre du jour la CGT a tenu à revenir sur le problème qui avait fait achopper le dernier SCMP, à savoir les fameuses lettres recommandées qui avaient suivi des choix individuels d'agents de refuser des postes hors du CPT.
La direction a confirmé que ces pratiques ne seraient pas reconduites et les intéressés informés du caractère sans suite de cette procédure.

Problèmes techniques :

- 1. Résultats des études broyeurs :
La décision de la division ENERTHY se résume à : On laisse en l'état et on verra si on fait la révision décennale.

- 2. Fuites chaudière :
Conséquence ou non d'un refroidissement rapide sinon accéléré, la direction a été bien embarrassée pour nous donner des explications convaincantes sur l'adaptation des actuelles procédures à l'age et la vétusté du matériel.

Elle s'est engagée à communiquer aux membres du SCMP un dossier explicatif sur cet incident qui a occasionné plusieurs semaines d'indisponibilité.

- 3. Huile des câbles :
Doit y avoir une fuite chef ! .. ou plein de petites fuites …. Mais où ???
On cherche !

Suivi des Heures supplémentaires :

Un taux global d'H.S. de 4,6% avec deux pointes à la Conduite et à la Manutention, qui pour la CGT s'expliquent par le déficit en effectif, le vieillissement de ces populations, les remplacements permanents et une organisation à la manutention qui génère d'autorité des H.S.
La CGT a aussi souligné pour les autres services que l'augmentation des HS en astreinte était essentiellement due aux conséquences des accords de 1999 et 2000 qui invitaient à faire baisser le volume des H.S. hors astreinte , ce que la direction avait contourné en déportant le week-end des travaux de maintenance classique.
Pour la CGT, et compte tenu des sollicitations de la machine, les chiffres ne sont pas alarmants et en tout état de cause ils sont inférieurs à ceux enregistrés en 1999 où les effectifs affectés à la maintenance étaient nettement supérieurs.

Examen de l'organigramme :

-1. Direction : R.A.S, la fonction de chef de mission Ressources dont la case reste vide sur l'organigramme est dévolue à Mme Vergès qui occupe la fonction de directeur délégué.

- 2. Gestion-Communication : Le poste de chargé de gestion est paru avec un libellé qui combine des missions du correspondant achat et celles de la gestion.
Bien évidemment nous n'avons vu ni descriptif d'emploi ni pesage.
Gageons que la direction n'aura plus l'aplomb d'utiliser de tels arguments pour refuser de reclasser les agents désormais puisqu'elle est la première à contourner ces règles quand ça semble l'arranger !

- 3. Maintenance : En résumé, on redistribue les tâches de ceux qui partent et c'est tout.
Un long débat s'est engagé sur la GPEC et sur les possibilités qui pourraient être explorées dans ce cadre par des embauches anticipées d'agents dans les CNPE avec un passage de quelques années dans le classique comme cela a su se faire auparavant.
Visiblement si M. Baudot en tant qu'individu semble réceptif à notre argumentation, le carcan du directeur du CPT allié à la séparation classique/nucléaire via les divisions techniques de la branche Energie et le peu d'intérêt que portent les directeurs des CNPE au devenir des agents du THF limitent considérablement nos propositions.
Ce débat a conduit à une parenthèse sur la Mobilité au cours de laquelle nous avons dénoncé ce que générait ce type de comportement et mis en garde dès aujourd'hui la direction sur le fait qu'après cela il ne faudra pas, dans quelques mois, dans quelques années, venir faire le forcing sur la (non)mobilité des agents du THF.

Enfin nous avons ré insisté sur la nécessité d'un cadrage national sur ce dossier tant de l'aspect reconversion professionnelle que de l'aspect mobilité.

- 4. Conduite : Agents absent ou en Pers 268, force est de constater les difficultés dans ce service qui valident nos propositions faites ci dessus.
Le poste de chef de quart récemment par n'a pas trouvé de candidat.
Le directeur semble surpris … pas nous.
Quand un poste paraît avec 2 GF de moins que ceux qu'occupent les actuels autres titulaires du même poste et pour une fonction équivalente, il n'y a pas de quoi être surpris que les agents aient refusé de s'y porter candidat et c'est tout à leur honneur.
Après un long débat où nous n'avons eu de cesse de rappeler le rôle du Chef de quart, son appartenance nécessaire au collège Cadre, on espère que la raison l'emportera sur l'entêtement.
Ce serait la garantie à coup sûr lors d'une reparution du poste d'avoir des candidats et ce d'autant plus que la direction du service reconnaît que les compétences existent sur site.

Prévisions de fonctionnement :

Le Comité directeur de la branche Energie de l'entreprise a confirmé par une décision du 5 novembre les arrêts garantis pour 4 CPT (Ambès, Albi, Loire sur Rhône et Montereau) tous les week-ends jusqu'au 28 avril prochain.
Cette décision repose sur le placement sur le réseau, le rendement, la limitation du téléréglage, la position sur le barème et comme cela est apparu dans le débat sur des raisons plus subjectives.
Un directeur qui n'a pas réussi à convaincre, des représentants du Personnel pas convaincus sur le bien-fondé de cette décision qui ont unanimement et très officiellement donné un avis négatif à cette décision.
Il ressort du débat que ce sont plus des raisons économiques et occultes qui ont conduit à une telle orientation que des considérations techniques.
En effet on eut pu penser voir le CPT de Champagne dans cette liste puisque la direction s'égosille à nous dire que ce CPT ne tournera plus dès la fin de l'hiver … et bien non !
En effet on eut pu penser, conscients que l'appel de puissance est moindre les week-ends, voir 4 CPT non identifiés arrêtés chaque fin de semaine ce qui laissait ainsi beaucoup plus de souplesse au système et permettait aux CPT d'organiser la maintenance en fonction de leurs aléas… et bien non
Big foutaise, baratin pour endormir le personnel, tout laisse à penser que le 28 avril passé c'est un arrêt garanti long qui va poindre et qu'une nouvelle fois le personnel et la masse salariale serviront de variable d'ajustement avec en corollaire les conséquences sur le pouvoir d'achat des agents et leurs familles au travers des réorganisations des cycles d'astreinte, de quart et des effectifs.

La direction a tenu à démentir de telles allégations en affirmant qu'il n'y aura pas de remise en cause, ni des ISC, ni de l'astreinte, mais seulement moins d'HS car moins de remplacement.

On verra bien.

Vigipirate :

L'objet de cette question était de faire le point sur les mesures en cours.
A cette occasion nous avons soulevé les nouvelles contraintes horaires que cela imposait aux gardiens et les dysfonctionnement les week-ends où les agents d'astreinte par exemple rentrent sans contrôle particulier rendant ainsi dérisoires les contrôles la semaine et renvoyant la suspicion sur le personnel.
La direction s'est engagée à se rapprocher des agents de la société de gardiennage et invite les agents d'astreinte à un auto-contrôle de leur véhicule et à surveiller la fermeture du portail du CPT après son franchissement.

A cette occasion la question de l'évolution de la plainte pour effraction du bureau du chef de centrale précédent a été posée.

La réponse évasive de « ça suit son cours » n'a pas convaincu et ce d'autant que l'on a appris que le chef de centrale précédent avait effrontément menti aux membres du SCMP sur l'usage qui avait été fait du badge d'un de nos militants.

Qu'est devenue la fameuse cassette vidéo ? Selon certains elle sera diffusée à vidéo-gag très prochainement !

La direction aurait-elle des choses à cacher pour ainsi jouer sur le temps et le pourrissement de la situation ?

Cette effraction ne serait-elle pas ce qui masquerait d'autres opérations ? la rumeur est d'ailleurs riche en le matière !

Les fichiers informatiques auxquels il a été accédés sur l'ordinateur du directeur du CPT quels sont-ils ? touchent-ils le personnel, les installations, le budget ?

Ont-ils été volés, copiés ? Certains ont-ils disparus ?

Il y a trop de questions sans réponse pour que la direction reste ainsi inerte et silencieuse au risque de se déjuger devant le personnel.

P.G.I. (Programme de Gestion Intégrée) :

La direction par un ajout à l'ordre du jour du SCMP avait inscrit cette question.

Après la présentation effectuée par madame Vergès en appui d'un document transmis aux membres, la CGT a proposé l'avis suivant adopté à l'unanimité des représentants du personnel présents auxquels s'est associée la CFTC qui siège à titre consultatif.

Avis des membres du SCMP du CPT de Montereau

séance du 3 décembre 2002

P G I (Programme de gestion intégrée)

Ou comment créer les conditions de la privatisation ?

PGI est un progiciel qui s'appuie sur SAP, tristement célèbre dans les grandes entreprises pour « ne pas couvrir tous les besoins des utilisateurs… » et surtout « un projet global ayant un impact considérable sur les structures et les effectifs d'une société pendant des années ».

C'est dans ces termes que les sociétés et les consultants des entreprises (Renault par exemple) qui ont développés SAP s'expriment dans un article récent d'une revue informatique.

Pourquoi, dans ces conditions, EDF, depuis les niveaux les plus élevés de la direction, fait le choix de transformer les outils de gestion en profondeur et ainsi se rendre dépendant d'un fournisseur externe ?

Il y a plusieurs années, la Fédération CGT a alerté sur les risques du développement de SAP.

Depuis que PGI est en discussion et que son développement est en préparation dans les unités plusieurs évènements se sont déroulés :

- Saisi du dossier en CSC (Conseil Supérieur Consultatif des CMP), compte tenu de l'ampleur de ce projet

- En parallèle, la CNBE (Commission Nationale de la Branche Energie) a également abordé cette question sur le fond et sur le déploiement expérimental à ENERTHY (Ex division production thermique et hydraulique) dans sa séance du 23 octobre dernier.
Cette phase de débat national a débouché au travers d'une résolution unanime du CSC des CMP le 24 octobre sur une étude expertise dans le cadre de la mise en œuvre de nouvelles technologies.
D'après les propos des directions, PGI devrait conduire à :
- « l'obligation de l'évolution des méthodes de travail pour intégrer les processus intégrés dans l'outil »
- « changer les pratiques au quotidien »

Il est ajouté « qu'il y aura remise en cause d'un certain nombre d'emplois »

Enfin « PGI devant supporter la comptabilité et la gestion, les principes de gouvernance et de gestion sont dans l'outil »

Les représentants du personnel considèrent qu'il s'agit là d'un sujet d'importance qui impacte la totalité des établissements qui a été traité avec une grande opacité.
Cette opacité est bel et bien réelle.

En effet seules quelques informations se voulant rassurantes ont été communiquées au CMP mais aucun débat de fond n'a eu lieu sur les raisons et les conséquences de cette évolution alors que la mise en œuvre débute au 1er janvier prochain à ENERTHY et que le calendrier de généralisation doit s'achever en 2004.

Aussi doit-on croire une direction qui indique que le déploiement de cet outil ne va générer que du bien pour les agents et les établissements ?

Pour la CGT, tout nouvel outil n'est pas condamnable en lui-même.

Par contre, son utilisation et les conséquences de sa mise en œuvre doivent se faire en étroite concertation avec les agents et leurs représentants comme cela a été fait par exemple lors de la mise en place de l'application 39 pour empêcher toute dégradation des conditions de travail, préserver l'emploi et conduire à une amélioration du fonctionnement des services.

Dans le cas présent, de très nombreuses questions restent non résolues et des signes importants sont déjà apparus pour nous conduire à la plus grande méfiance vis-à-vis de la démarche mise en oeuvre.

Nationalement :

- Combien de postes de comptables n'ont déjà pas été renouvelé au nom de PGI ? Combien vont être supprimés ?
- Que deviendront les acheteurs une fois que l'ensemble des doctrines achats, des marchés et des catalogues auront été établis ?
- Pourquoi les informaticiens EDF, dans les GDMI notamment n'ont pas été impliqués dans le déploiement de cet outil ?

Localement :

- Quelle formation réelle sera dispensée à l'ensemble des utilisateurs sur la fonctionnalité de l'outil ?
- Quelle formation en comptabilité pour les MPL, confrontés à l'évolution de leur responsabilité en la matière, comme sur l'ensemble des métiers ?
- Quelles conséquences vont avoir le remplacement de bon nombre d'applications existantes (Synergie, A39, Concerto…), par de nouvelles, sur les utilisateurs comme sur les agents en général ?
Enfin, une fois PGI en place et compte tenu de la similitude avec le fonctionnement d'autres systèmes existant dans d'autres entreprises :

- quelles garanties du maintien de ces activités a l'interne d'EDF et de GDF ?
- cela ne conduira-t-il pas à l'externalisation totale de certaines, comme la comptabilité, l'informatique, voire de toutes celles qui ne sont pas considérées « cœur de métier » ?

Bien d'autres questionnements encore restent sans réponse.

Aussi compte tenu:
- des impacts sur la gestion des activités et du coût de ce projet (on parle de 340 millions d'euros)
- du déploiement de cet outil dans le seul but de faciliter les objectifs de gestion financière et la privatisation de nos établissements sous une forme ou une autre (externalisation massive par exemple),
les membres du SCMP émettent un avis défavorable à la mise en place de cette application dans les conditions actuelles et demandent préalablement communication des conclusions de l'étude expertise commanditée par le CSC des CMP.

Prochain SCMP le 19 décembre 2002 en séance extraordinaire

avec à son ordre du jour:

le devenir des installations et du site en application des décisions de la CNBE

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