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IL N'Y A
PAS QUE LA VERITE QUI BLESSE
LE MANAGEMENT AUSSI ! ! !
CNPE
DE BELLEVILLE
CHSCT EXTRAORDINAIRE
24 NOVEMBRE 2003
DECLARATION LIMINAIRE DES MEMBRES CGT
Nous
alertons depuis de nombreuses années sur les
conséquences d'une politique où prime la
notion de choix économiques face à celle de
choix techniques.
Nous l'avons fait en 2002, en séance de CMP, à
l'occasion de la présentation de restrictions
budgétaires.
Nous l'avons fait, au travers d'une communication à
l'externe, sur le même sujet.
Nous mesurons, tout comme l'ensemble du personnel, au
travers des différentes activités de chacun,
toutes les difficultés qu'impose une telle politique
dans leurs accomplissements.
Cette politique, dans laquelle prédomine le risque
industriel, est mise en exergue à chaque arrêt
de tranche, de par les contrats qui, globalement, sont
négociés au moins disant ; des temps
d'arrêt programmé, insuffisamment longs ;
des volumes d'activités, reportés
d'arrêt en arrêt ; des renoncements sur la
maintenance de matériels, de plus en plus
importants.
Les deux derniers arrêts de tranche sont aussi
révélateurs d'une dégradation de la
qualité du travail réalisé à
tous niveaux : manque de pièce de rechange,
manque d'outillage, manque de personnel, manque de
qualification et de professionnalisme, sous-traitance en
cascade.
Qui peut nier les problèmes accrus rencontrés
à chaque redémarrage ?
Aujourd'hui, un bon technicien, préparateur ou
ingénieur, doit savoir remettre en cause l'expertise
technique d'un collègue en avançant des
raisons économiques ! !
Un certain nombre de robinets, sur le secondaire (GCT, ADG),
s'est ainsi vu usiné au-delà des
préconisations contenues dans les gammes
d'intervention, après modification de celles-ci.
Des visites internes de robinets se sont multipliées
dans la précipitation, pour des raisons
d'inétanchéité lors des montées
en pression sur l'épreuve secondaire, sur lesquels
l'impasse de maintenance avait été faite.
Les retours d'expériences, à tous niveaux, ne
permettent aucun réajustement en profondeur et ne
servent que d'exutoire d'un stress accumulé sur une
durée d'arrêt.
Ils sont un outil managérial de cette politique de
faire semblant où rien ne doit surtout changer sur le
fond.
La dégradation des conditions de travail est à
la hauteur de cette politique aux conséquences
inhumaines.
Aujourd'hui, des salariés, prestataires du
nucléaire, sont au sandwich midi et soir et vivent
sur le parking dans des camionnettes
aménagées, afin de gagner leur vie le moins
mal possible.
Ces salariés, qui ont les conditions de travail les
plus pénibles, qui subissent la pression des donneurs
d'ordre d'EDF au quotidien, combien sont-ils à ne
pouvoir rentrer chez eux tous les week-end, à
dépasser les durées légales de travail,
quotidienne et hebdomadaire ?
Sur ce dernier point, des documents confirment de graves
écarts aux règles du code du travail sur
l'arrêt de tranche 2.
Ces écarts concernent 28 salariés de 12
entreprises différentes pour des activités en
zone contrôlée.
Ces documents font apparaître des temps de
présence en zone contrôlée allant de
10h08 à 13h59, si l'on y ajoute les temps
d'accès sur site, d'habillage/déshabillage et
éventuellement de retrait de consignation,
d'outillage ou de pièce détachée des
magasins, ces salariés cumulent des temps de travail
effectif digne de Germinal.
Nous ne pouvons laisser sous silence de telles
dérives et il est de notre responsabilité d'en
informer l'Inspection du Travail et de mettre à sa
disposition les documents en notre possession.
Nous avons aussi été informés de temps
de présence sur site proches de 24h, concernant des
salariés de l'entreprise Boccard, intervenant sur le
remplacement du collecteur 2 RRA 208 TY, ces salariés
en équipe, se relayant sur le chantier, auraient pris
leur temps de repos sur site, dormant dans les
vestiaires.
Cette information, et afin d'en contrôler la
véracité, nous amène à demander,
officiellement, l'ouverture du 3K sur la période
allant du 22/10 à 8h au 28/10 à 17h,
correspondant approximativement à la période
des travaux, ainsi que les doses
intégrées.
Le
personnel statutaire n'est pas en reste non plus, il est
confronté aux manques d'effectifs, aux manques de
moyens matériels et financiers.
Il y est d'autant plus quand il doit répondre par la
négative aux besoins des entreprises dont-il assure
la surveillance.
Il subit, lui aussi, une pression permanente et en
particulier la génération de personnel la plus
jeune.
Cette génération voulue taillable et
corvéable à merci, à laquelle il est
rappelé sans cesse que de son attitude dépend
son évolution de carrière, est menacée
de "sanction" au moindre faux pas.
Malgré une "loi de l'omerta" certain, malgré
tout, nous alertent.
Convoqués par leur hiérarchie, des jeunes sont
intimidés pour avoir eu la "prétention" ou
simplement l'idée de postuler et ainsi les rappeler
au bon souvenir d'un contrat moral à
géométrie variable.
Ces jeunes, embauchés à 32h, auxquels, en
fonction des besoins, la hiérarchie reproche ou non
les dépassements horaires.
Ces jeunes, sollicités à domicile, en repos,
auxquels il est fortement conseillé d'être
disponibles pour satisfaire aux exigences du
management.
Nous assimilons l'ensemble de ces éléments
à du harcèlement moral et la Direction portera
toute la responsabilité d'actes dont les
conséquences pourraient nuire à
l'intégrité physique ou morale du
personnel.
Si certains osent s'exprimer et dénoncer ce
harcèlement, combien sont-ils à le subir en
silence ?
Sur l'arrêt de tranche 2, des personnels du SMT et du
SAE, pour les cas que l'on connaît, ont
travaillé douze jours d'affilé, à
raison de plus de cinquante heures par semaine, pour un
nombre dérisoire de déclarations de
dépassements hebdomadaires.
Nous avions, en 2002, lors des négociations entre
partenaires sociaux, sur la référence à
la semaine civile et calendaire, identifié les
possibles dérives qu'offrirait aux hiérarchies
des services la référence calendaire.
Nos craintes, aujourd'hui justifiées, nous avaient
amené à refuser de signer l'accord
proposé par la Direction en faveur de cette
référence.
Mais c'était sans compter sur deux organisations
syndicales minoritaires, qui ont, malgré tout,
donné leur approbation, et aujourd'hui nous en
mesurons toutes les conséquences négatives
pour le personnel, et d'autant mieux que les engagements de
contrôle ne sont pas respectés.
Au regard des agents en dépassements horaires,
identifiables, que dire des agents qui travaillent en temps
masqué, cumulant des temps de présence sur
site largement supérieurs aux durées
légales ou répartissant leur temps de travail
sur plusieurs journées ?
Nous affirmons que de nombreux pointages ne reflètent
pas la réalité.
Ce même constat, sur l'arrêt de tranche
précédent, nous avait amené à
alerter par courrier l'Inspection du Travail.
Nous appelons ces collègues à prendre
conscience de la dangerosité à satisfaire un
management qui en demande toujours plus.
Nous les alertons sur les risques qu'ils prennent pour eux
même et pour ceux qui les entourent et,
au-delà, des risques pénaux auxquels ils
pourraient être exposés.
Nous dénonçons ce laxisme managérial,
à tous niveaux, qui consiste à fermer les yeux
et croiser les doigts sur des écarts aux
règles du code du travail, "devenu" règle de
base dans une organisation d'arrêt de tranche.
Tout comme nous dénonçons cette
culpabilisation systématique du personnel quand la
Direction affirme que : "75% des accidents relèvent
d'un comportement individuel inadapté".
Nous alertons donc, à nouveau, le Président du
CHSCT, sur les effets néfastes de cette politique et
nous n'accepterons jamais que les conditions de travail et
la sécurité du personnel, tout comme la
sûreté de nos installations, soient
sacrifiées sur l'hôtel de la réduction
des coûts.
Alors, faut-il que le personnel et ses représentants
prennent comme une provocation la programmation, sur une
matinée, d'une réunion dédiée
à la prévention des risques ?
Chercher à se dédouaner en faisant partager au
personnel sa responsabilité dans la
dégradation des conditions de travail n'est pas ce
que chacun est en droit d'attendre d'une Direction
responsable !
Dans ces conditions, les membres CGT du CHSCT ne cautionnent
pas ce type d'initiative et appellent le personnel à
interpeller la Direction sur ses responsabilités.
Et sans préjuger de l'avenir et des débats qui
vont avoir lieu sur le point à l'ordre du jour
concernant la rupture d'une tuyauterie STR tranche 1, nous
considérons d'ors et déjà que la
fatalité n'y a pas sa place.
Belleville, le 24 novembre 2003
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