21/10/2003

Interventions et Motion de notre Syndicat SPPTE Centre au Congrès de Biarritz

Intervention au Congres sur l'existence du Capitalisme
(Guy CALAFATO)

Voilà 4 ans de cela, lors de notre dernier Congres Fédéral de Grenoble, nous étions intervenus sur ce que nous considérions, à l'époque, comme des dérives ou des tendances à l'abandon du combat de classe. Nous avons été sanctionné pour cela .
Lors du dernier Congres Confédéral, pas un de nos amendements n'a été soumis au débat et il ne nous a pas été permis de parler.
Le premier constat, c'est qu'à la CGT, aujourd'hui, si on n'est pas aux ordres, il vaut mieux être ailleurs…
La fraternité n'est elle pas le premier réconfort que tout syndiqué vient chercher dans une organisation comme la CGT ?  Il faut croire que non
La tolérance n'est elle pas la première vertu qui permet à chacun d'exprimer individuellement et collectivement ses différence ? Il faut croire que non
Le respect de l'avis majoritaire, sans écraser l'avis minoritaire n'est-il pas la base de la démocratie ? Il faut croire que non

Qui a supprimé toute notion de Capitalisme et de Combat de Classe des résolutions de nos Congres. Les Syndiqués ?

L'abandon du combat de classe par notre CGT, n'est pas récent. IL ne s'agit pas d'un petit accro passager au contrat, mais il s'agit au contraire d'un changement radical d'orientation. Ce changement a été réfléchi et introduit tout doucement dans les structures afin d'éviter le débat.

Qui a supprimé dans notre carnet d'adhérent CGT : « la CGT agit pour une société démocratique, libéré de l'exploitation capitaliste et des autres formes d'exploitation et de domination », « elle combat l'exploitation capitaliste et toutes les formes d'exploitation du salariat »

Qui a décidé de supprimer cela ?
Y en a t'il un parmi vous, dans cette salle, a qui on a demandé son avis ?
Camarades délégués, allez vous continuer à laisser faire ce hold-up sur notre organisation ?
Allez vous permettre à l'adversaire de classe de dynamiter la CGT ?
Qui a décidé que le Capitalisme n'existait plus ?
Il existait pour Benoit FRACHON, Georges SEGUY, Henri KRAZUKI, Louis VIANNET.
Se sont-ils trompés ? Ont-ils eu la berlue ? Ont-ils combattu le Capitalisme pour rien ?, Tout ce que nous avons aujourd'hui,est-ce le fruit de leur combat, de leur lutte et pour certains de leur sacrifice ? Ou est-ce le fruit de la générosité de nos « camarades capitalistes » ?

Si le Capitalisme n'existe plus, depuis quand n'existe te  t'il plus ? et qui a décidé qu'il n'existait plus.

Si Denis COHEN pense toujours que le Capitalisme existe encore, alors pourquoi ne plus y faire référence dans nos documents d'orientation ?
La vérité, doit être en toute circonstance notre bouée de sauvetage, car nous serons tôt ou tard, jugés par les syndiqués. Mais c'est vrai que la vérité est révolutionnaire…
Si chaque délégué au Congrès pense en son âme et conscience que le Capitalisme n'existe plus qu'il le dise et qu'il le vote. NOUS DEMANDONS A LA PRESIDENCE DU CONGRES DE METTRE CETTE QUESTION AU VOTE

Si le Congrès décide que le Capitalisme n'existe pas (ou plus), le débat de fond est réglé et le combat de classe n'a plus de raison d'exister.

Si le Congrès décide que le Capitalisme est une réalité, il doit se prononcer sur une deuxième question : « la CGT agit pour une société démocratique, libéré de l'exploitation capitaliste et des autres formes d'exploitation et de domination », « elle combat l'exploitation capitaliste et toutes les formes d'exploitation du salariat »

A partir de là , les choses seront claires.
Pour ce qui nous concerne, vous connaissez notre position sur cette question.

Nous pensons que le Capitalisme n'a jamais été aussi féroce qu'aujourd'hui. Les multinationales américaines ont recours à l'assassinat d'un peuple pour s'emparer du pétrole.
Composer avec lui, est considéré par lui comme une preuve de faiblesse et ne fait que l'encourager à aller plus loin.
Si majoritairement le Congres considère que la lutte de classe n'est plus d'actualité, il est bien entendu évident que notre candidat à la CE Fédérale se retirera. Comment assurer un mandat que l'on n'approuve pas?

Pour terminer, juste un petit mot demandé par des vieux militants pleins de tristesse. Nous le résumerons ainsi :
Nous avons vu mourir des camarades qui chantaient « le chant des partisans ». Allez vous vivre en chantant « le chant des courtisans » ?

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Intervention dans le cadre du débat « agir  et propositions alternatives »
Objet : énergie &endash; propriété des peuples &endash; propriété publique
Dominique LEGUAY

Le texte proposé fait apparaître à de multiples reprises que l'énergie est vitale  à la vie.
Force est de constater que la formulation de cette résolution donne le sentiment que nous restons au milieu du gué.
L'alinéa 7 est à ce titre éloquent : « l'énergie, au niveau international, devrait être soustraite de la logique du profit des intérêts privés, qui empêche de fait, son juste accès à tous, pour aujourd'hui et pour demain sur la planète ».
Cette approche donne clairement le sentiment que l'on considère que la situation serait inéluctable, indépassable.
Or notre seule histoire nationale, notre histoire d'entreprise publique propriété du peuple français démontre la véracité de notre réussite technologique, scientifique et sociale.
A aucun moment, nous ne prenons appui sur cette réussite pour la faire rayonner.
Nous considérons que seule le caractère public, la propriété publique et donc le financement public sont les seules voies à emprunter surtout dans une période où les multiples exemples viennent démontrer que la déréglementation ne fonctionne pas.
Revendiquer un pôle public énergétique où cohabiteraient public et privé reviendrait à imaginer que l'ouverture totale du marché est indépassable, à imaginer que la cohabitation de type « économie mixte » entre public et privé est possible alors qu'elle sera féroce, en faisant intervenir la citoyenneté interne et externe pour museler le loup dans la bergerie.
Nous devons revendiquer la propriété publique dans le secteur énergétique pour aujourd'hui comme pour demain sans donner des leçons aux autres mais en faisant valoir la réussite de la propriété publique.
De plus il nous faut être cohérent. Si le droit à l'énergie dans toutes ses dimensions est tout simplement un droit à la dignité et à la vie (alinéa 8 du texte), nous ne pouvons pas nous positionner sur un partage du gâteau « énergie ».
Si ces questions sont fondamentales pour la vie des hommes, nous n'avons pas d'autres choix que de revendiquer la propriété publique.
Cela conduit par voie de conséquence à revisiter une question de fond, celle de la socialisation des grands moyens de production, notion qui a disparu de nos statuts depuis le 46ème congrès, entendons bien que « socialisation » à la propriété collective des hommes pour répondre aux besoins individuels et collectifs des hommes.
La vie a tranché de ce point de vue, il y a des secteurs qu'il faut soustraire à la propriété privée, l'énergie en fait partie.

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Intervention dans le cadre du débat « démarche syndicale et place du syndiqué »
Objet : syndiqué payeur = syndiqué décideur et acteur, quelle mise à jour du corps adhérent et comment ?
Augustin CALZADA

Le fait d'affirmer que le syndiqué doit être au centre de la vie de la cgt satisfera tout le monde.
Or il est impossible de passer sous silence notre vécu récent, au delà de celui des quatre années écoulées.
Nous n'allons pas égrener les multiples exemples au cours desquels les adhérents se sont souvent demandés à quoi ils servaient si ce n'est à payer leurs cotisations. Critiques sur la non prise en compte de leurs avis relatifs aux revendications, à la stratégie de la CGT, sa posture, son positionnement, son combat.
Au delà de ce que nous pouvons écrire, il apparaît nettement que nous avons besoin de reconstruire le rapport de l'organisation avec les adhérents. Peut-être qu'il y a là à puiser une des explications relatives à la baisse inquiétante de nos forces organisées.
Il y a un point sur lequel nous ne pouvons tergiverser : la position de la CGT ne peut émaner que de la position des adhérents même si nous serons d'accord sur le nécessaire travail de direction syndicale.
Or pour pouvoir élaborer, il y a lieu de fournir tous les outils de la réflexion et de la décision.
Nous estimons dans ce domaine qu'un fantastique retard a été pris.
Une mise à jour, une rencontre ouverte, non dogmatique, dynamique s'impose avec l'ensemble des adhérents.

Cette mise à jour pourrait s'articuler autour de trois idées :
-       une mise à jour sur le contexte politique, social et économique en traitant les différentes dimensions nationale, européenne et internationale,
-       une mise à jour sur les enjeux posés au syndicalisme,
-       une mise à jour sur la stratégie de la CGT et une discussion claire sur le nécessaire engagement de chacun
dansl'organisation.

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Intervention dans le cadre du débat « se doter des moyens nécessaires…. »
Objet : déploiement ou rayonnement de nos socles syndicaux, l'argent = les moyens pour fonctionner
Antoine MARINO

 Avant d'aborder la mise en œuvre de la nouvelle répartition de la cotisation syndicale, la résolution aborde la question du déploiement des forces militantes de la CGT.
Nous sommes toujours sur la même problématique d'une concentration des forces militantes et des forces organisées dans les services publics et donc par voie de conséquence d'une concentration de nos moyens financiers.
Considérant la réalité du salariat inorganisé, si tout le monde s'accorde à dire dans la CGT qu'on ne peut en rester à une concentration de nos moyens humains et financiers dans la seule sphère des services publics (au moins pour les endroits où nous sommes les plus forts), il n'en demeure pas moins vrai que nous ferons le constat que le déploiement n'est pas si simple à opérer qu'il y paraît. Car il convient de préciser que derrière « syndicalisme solidaire », on doit y mettre mise en commun des forces militantes et des moyens financiers considérant que la dimension régionale prend de plus en plus de corps  dans la réflexion relative aux structures.
A la lecture de la résolution, il nous semble que le redéploiement de la CGT dépasse les seules frontières de notre champ énergie mais va bien au delà dans la démarche, alors que les objectifs ne sont pas clairement affichées.
Confédéralisation de l'activité revendicative, de la vie syndicale et de la conduite des luttes, régionalisation de la cgt nous semble être les fils rouges de nos orientations (avancées à Grenoble, pas ou mal entrées dans la vie au cours des 4 dernières années, pointées à nouveau fortement aujourd'hui).
Il s'agit bien de regarder ce qui à freiné le redéploiement et ne pas ranger les causes à la seule explication subjective d'un corporatisme figé.
La question de l'argent est évidemment cruciale car redéployer les « sous » revient à redéployer l'activité et contraindre les orga à s'y engager.
Mais si cette orientation semble fondée au regard de nos ambitions de syndicalisation, il n'en demeure pas moins vrai qu'il y aura des conséquences importantes sur la vie des syndicats.
Concernant la nouvelle répartition de la cotisation, nos calculs ont montré un versement supplémentaire de 200 000 francs aux structures qui va conduire à de grandes difficultés sur la vie du syndicat.
Nous ne pourrons nous permettre d'handicaper notre vie syndicale alors que notre configuration conduit par exemple à des déplacements importants.
Enfin attention à ce que la mise en œuvre de l'orientation ne conduise pas à la mise en œuvre mécanique d'une économie souterraine dans nos structures.

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Intervention dans le cadre du débat « l'outil fédéral .
Objet : régionalisation et Commission Exécutive Fédérale (CEF)
Dominique BRIDIER

 La volonté de vouloir régionaliser l'activité de la CGT dans notre champ et au delà porte loin et touchera la question des structures.
N'allons-nous vers la « disparition » des structures professionnelles à terme ?
La démarche qui consiste à « confédéraliser » systématiquement les luttes, l'activité et la vie de la CGT conduit parfois à une non prise en compte qui est souvent source d'interprétation.
Ainsi tout le monde a bien vu la non prise en compte de la journée d'action du 8 octobre ; alors que les attentes exprimées sur le terrain disent clairement que nous avons besoin d'une action professionnelle pour faire front à la privatisation même si nous nous accordons à dire que nous ne devons pas être seuls dans cette bataille.
Cette critique ne se fonde pas sur une corporatisme figé ou égoïste, elle se fonde sur le fait que les salariés se retrouvent avant toute chose sur les questions revendicatives qui couvrent leur champ propre, et que le premier moteur sur leur champ spécifique, ce sont les salariés concernés.
A vouloir redéployer sans considérer les réalités du terrain, celles des syndicats, sans considérer ce qu'il y a réellement dans la tête des agents et des salariés, conduit à ce que le déploiement de la CGT ne fonctionne pas ou mal.
Concernant la CE Fédérale et sa future composition, il semble que nous n'avons pas pris le temps de tirer les enseignements des 4 années écoulées : prise en compte de la CEF par les membres, fixation de critères et efficacité dans la vie...
Nous estimons que les critères suivants : expérience, mémoire collective et compétences n'ont pas prévalus dans les choix pour la construction de la future CEF.
En outre un critère non écrit a été appliqué: celle-ci ou celui-ci est-il dans la ligne ou pas ? ceci est inacceptable !
D'autre part si la CEF n'est certes pas une compilation de syndicats, il n'en reste pas moins vrai qu'au regard des propositions avancées, il existe une nette disparité entre le nombre de candidats issus du même syndicat et d'autres syndicats qui ont été tout simplement écartés  de la future CEF.
Ces démarches ne créent absolument pas les futures conditions pour travailler et retravailler ensemble.

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Motion proposée au vote des délégués « le capitalisme existe-t-il ou pas ? »
Guy CALAFATO

« Le capitalisme domine la planète depuis les années 1990 alors que les rapports de force internationaux se sont brutalement modifiés lorsque les pays de l'Est se sont effondrés.
Depuis lors le capitalisme pille les ressources naturelles notamment dans le domaine de l'énergie alors que celles-ci sont la propriété des peuples.
Le capitalisme est donc bien une réalité qu'il faut combattre.
Dans son champ syndical, la CGT réaffirme son action pour une société démocratique, libérée de l'exploitation capitaliste et des autres formes d'exploitation et de domination.
Elle combat l'exploitation capitaliste et toutes les formes d'exploitation du salariat ».

 

Avant le vote de l'orientation, notre délégation est intervenue pour que cette motion conforme à notre première intervention soit votée, rappelant au passage que le congrès doit normalement voter par mandat.

 

Cette motion a été votée à main levée et a recueilli la majorité des voix du congrès :

Pour : 288

Contre : 85

On peut s'interroger sur l'abstention d'un nombre important de délégués sur cette question capitale.

- Ceux qui ont voté pour, se sont prononcés pour une CGT de lutte.
- Ceux qui ont voté contre se rangent dans le camp de la CFDT, de FO etc..
- Ceux qui se sont abstenus ne savent peut-être pas encore ce qu'ils veulent.

 Cette motion qui a pourtant été votée par le Congrès, n'apparaît  pas pour l'instant dans le compte rendu du congrès qui est en ligne sur le site de la FNME.

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