05/09/2003

Conseil Général de la Fédération CGT des 4 et 5 septembre 2003

Intervention de notre syndicat SPPTE Centre lors du Conseil Général.

Le Conseil Général est le parlement de la Fédération. C'est l'instance qui a le plus de pouvoir entre deux Congrès. Chaque syndicat est porteur d'un nombre de voix égal au nombre de syndiqués.

 

Dans un peu plus d'un mois,5 semaines exactement, le Congrès de notre Fédération va se tenir.
Tout le monde sait que ce Congrès ne sera pas comme les autres. Il sera important pour les syndiqués, les agents EDF et GDF, et pour la Nation. Le gouvernement l'attend d'ailleurs avec beaucoup de fébrilité.
Il sera le Congrès le plus important depuis la Nationalisation de l'Electricité et du Gaz.
Il y a une seule question de fond qui doit être tranchée par ce Congrès :

La Fédération CGT Mines Energie va-t-elle combattre le Capitalisme et ses conséquences dans un secteur vital ou va-t-elle l'accepter et collaborer avec ceux qui tiennent la barre de notre pays ?

Devons-nous considérer que le Capitalisme est à tout jamais le système économique qui puisse assurer durablement le bonheur des hommes ?

La Fédération CGT va-t-elle remettre en cause l'ordre établi ou va-t-elle l'accepter comme un fait inéluctable et donc ne plus défendre les acquis ?

La Fédération CGT va-t-elle combattre pour que le Nation reste propriétaire d'EDF et de GDF, ou va-t-elle la laisser aux mains de propriétaires privés ?

La Fédération CGT va-t-elle se battre pour garder le Statut National ou va -t-elle l'abandonner ?

La Fédération CGT va-t-elle abandonner les principes fondamentaux du syndicalisme de classe, de masse et démocratique ?

La réponse à cette question est fondamentale. Elle conditionne tout le reste.

Notre secrétaire général disait dans l'Humanité en février 2002: « La CGT n'a pas de tabou. Si la question de l'ouverture du capital se pose pour des raisons industrielles, nous serions prêts à l'examiner » !

Dans ces conditions le Statut National a-t-il encore sa place ? Le Statut de l'Energéticien , dont personne ne connaît le contenu, ne vient-il pas à point nommé ?
Ni le Congrès, ni le Conseil Général, ni la Commission Exécutive Fédérale, ni le Bureau Fédéral n'ont décidé que la privatisation partielle ou totale était discutable.
Ils n'ont pas d'avantage autorisé la négociation d'un nouveau système de retraite, ni la sortie du régime actuel du compte d'exploitation, ni la création d'une nouvelle caisse de retraite.
Pourtant, depuis le dernier Congres Fédéral de Grenoble, une partie de nos dirigeants fédéraux n'ont pas respecté le mandat qui leur a été confié.
Il est vrai que la CEF et le Conseil Général les ont laissé faire, leur reprochant à chaque réunion leur attitude mais renouvelant à chaque fois leur confiance.
Diriger, c'est avant tout avoir le courage de décider et d'assumer les conséquences de ses décisions.
C'est donc le personnel qui a tranché lors de la consultation du 9 Janvier 2003.
Durant ces 4 dernières années, l'avis des syndiqués a été bafoué.

Que voulons nous ? combattre ou capituler ?

Comment allons nous combattre ou capituler ? avec quel outil ? (structures de la Fédération)

Qui va diriger l'outil ? (ceux qui veulent combattre ou ceux qui veulent capituler ou qui ont déjà capitulé ?)

Qui va contrôler ceux qui dirigent et comment ? (fonctionnement des structures)

Le Congres Confédéral a été traversé dans sa préparation par les mêmes questions que nous poserons au Congres Fédéral.
Il n'empêche, que pas un des amendements que nous avons déposé n'a été soumis au débat du Congrès.
Il n'empêche que nous n'avons pas eu le droit de nous exprimer au Congrès.
Il n'empêche que la représentativité DU SPPTE Centre a été amputée de 241 syndiqués et que 4 mois après nous ne savons toujours pas qui a réalisé cette prouesse.
Nous pensons donc que la Confédération, elle aussi est tentée par l'acceptation du Capitalisme comme seul système économique viable, un système indépassable.
Nous pensons qu'elle aussi évite le débat par peur de le perdre. Nous pensons que toutes les méthodes sont bonnes pour arriver à cette acceptation du capitalisme.

Ou cela peut-il nous conduire ?

Qui a décidé de capituler? aucune structure de la CGT.

Qui pousse à cette capitulation ?

Sommes-nous noyautés ?

Sommes nous dirigés par des incapables ou quels intérêts ont-ils à cette capitulation ?

Voilà les questions, qui aujourd'hui, taraudent le cerveau des militants et des adhérents.

Alors que nombre d'entre eux subissent, dans les centrales et services, la répression patronale, d'autres au plus haut niveau bénéficient de largesses et de privilèges individuels. Voilà ce que pensent les militants et les adhérents.

La CGT est aujourd'hui le dernier espoir pour sauver ce qui peut l'être d'un siècle d'acquis sociaux.
Après le naufrage du Parti Communiste, le discrédit du Parti Socialiste, l'inconsistance de l'extrême gauche, il ne reste plus qu'a précipiter le seul syndicat de lutte dans la collaboration et le tour est joué.

Le peuple sera désarmé, anesthésié, assommé, désespéré. Il votera pour qui dans ces conditions ?

La préparation du Congres Fédéral est encore plus encadrée que celle du Congrès du Grenoble.

C'est logique, car ceux qui sont mécontents de la ligne et des pratiques sont devenus majoritaires depuis Grenoble. Il faut donc les empêcher d'être majoritaires au Congrès.

Le secrétaire général se sacrifie en n'étant plus candidat au mandat de premier et ne sera plus candidat à la future CE.
Le calcul est de dégonfler le mécontentement pour laisser le champ libre à celui qu'il a désigné à sa succession. Il tente aussi de désigner les membres de la future CE Fédérale en réduisant considérablement le nombre de membres pour écarter les sortants contestataires. Il fixe des critères d'éligibilité qui lui permettent d'utiliser la commission des candidatures pour écarter les nouveaux candidats gênants.

L'autre question porte sur la capacité des délégués de prendre le Congrès en main.
Ce sont les délégués qui auront le pouvoir au Congrès.
Oseront-ils s'en servir ?
Oseront-ils faire respecter l'avis des syndiqués ?
Oseront-ils dire « ça suffit ! nous voulons une fédération démocratique sur des bases de lutte et nous reprenons tout à la base » ?
Oseront-ils écarter ceux qu'ils ont élus ?
Oseront-ils mettre leur mandat en jeu ?
Surmonteront-ils leur peur et leur angoisse ?

Une chose est sûre, ils seront responsables, directement responsables de l'avenir de la Fédération, de l'avenir du personnel et d'EDF.

L'attitude de notre syndicat (dans l'état actuel des choses) lors de ce Congres :

Nous concernant, nous décidons qu'il n'est pas utile de proposer des amendements sur des textes dont nous pensons qu'ils tournent le dos aux fondements de l'Entreprise Nationalisée et au Statut National du Personnel.
A quoi bon débattre sur des textes fabriqués par des dirigeants qui pendant ces 4 dernières années n'ont respectés ni leur parole ni leurs écrits.

Nous demanderons que le Congres annule toutes les orientations prises par les derniers Conseil Généraux et Commissions Exécutives qui touchent au fond et à la forme du Congrès.

Il est l'instance souveraine et a tous les pouvoirs, y compris de défaire ce qu'il a fait lui-même.

Nous demanderons que le congrès se détermine par rapport au Capitalisme.

Nous demanderons qu'il se prononce pour le combat contre le capitalisme et ses conséquences.

Nous demanderons qu'il se prononce pour qu'EDF et GDF restent nationalisés à 100%, et pour le maintien, l'amélioration et l'extension de l'actuel Statut National parce qu'il s'agit du socle législatif, social et historique en France apte à combattre la déréglementation en Europe.

Nous demanderons qu'il se prononce pour le maintien d'une Fédération de Classe, de Masse, Démocratique et Indépendante.

Nous demanderons que la composition de la Commission Exécutive Fédérale considère les critères socioprofessionnels de notre secteur, qu'elle soit féminisée et rajeuni sans mécanisme, que les compétences des camarades soient appréciées et que les candidatures soient effectivement présentées par les syndicats et uniquement par eux.

Nous demanderons que la Nouvelle CE soit mandatée pour préparer, à partir des positions fondamentales des délégués, un nouveau document d'orientation, simple, court, clair, compréhensible pour tous qui sera soumis aux syndiqués et adopté par un Congres extraordinaire de deux jours au cours de l'année 2004.

Nous demanderons que le Congrès n'élise pas à la CE les camarades qui se sont écartés du mandat fixé et rappelé à maintes reprises par les adhérents.

Nous proposerons que le camarade Eric ROULOT soit candidat au mandat de Secrétaire Général et que la nouvelle CE l'élise. Nous connaissons son courage, son honnêteté et son attachement aux principes démocratiques de la CGT. Nous savons que c'est un lutteur et qu'il a les qualités nécessaires pour assurer ce mandat.

Pour Conclure :

Nous ne pensons pas détenir la vérité.

Nous défendons nos propositions, non par calcul mais avec sincérité.

Nos syndiqués nous ont mandatés pour exprimer cela.

Nous refusons que d'autres nous imposent leur vérité si elle n'est pas adoptée par une majorité.

Haut de page