02/10/2003

Qui cherche et organise la scission au sein de la FNME ?

Contribution de notre Syndicat SPPTE Centre CGT
approuvée à l'unanimité de la Commission Exécutive du 2 octobre 2003

 Qui cherche et organise la scission au sein de la FNME ?

 La proposition de composition du collectif d'animation de la fédération démontre que, quels que soient les débats du congrès, la ligne est tracée, c'est la continuité vers une FNME CGT réformiste que l'on est en train de graver dans le marbre avant même que les délégués n'aient fixé les orientations.
Tout se présente comme si l'on voulait se débarrasser des camarades les plus "révolutionnaires" pour mieux se rapprocher d'une CFDT qui a largement amorcé son virage vers le libéralisme.
Ainsi, sauf à ce que les délégués réagissent fermement lors du congrès, tous ce que nous avons vécu ces dernières années ne sera pas pris en compte pour définir la politique fédérale du prochain mandat.
La construction de l'appareil fédéral se fait autour d'une seule option, la validation et la poursuite de la démarche réformiste initiée par le futur ex-secrétaire général. Il n'y aurait rien de choquant si cette démarche avait été débattue et décidée démocratiquement. Mais ce n'est pas le cas, pire encore, les syndicats qui demandent ce débat sont accusés de scissionnistes. Les militants qui refusent qu'un tel changement d'orientation se fasse sans débat sont systématiquement écartés de la future direction fédérale. Ils sont montrés du doigt comme des camarades qui recherchent le pouvoir alors qu'ils n'ont pour ambition que de redonner le pouvoir aux syndiqués.
Se sachant battus par les syndiqués, les réformistes ont tenté de s'en remettre aux salariés pour conforter leurs positionnements. Cette stratégie fut mise en échec lors de la consultation du 9 janvier. Qu'à cela ne tienne, battus par les adhérents CGT, battus par le personnel, en voie d'être mis en difficulté par le congrès, ils ont décidé de s'autoproclamer dirigeant, quasiment sans partage, d'une fédération résolument tournée vers le réformisme.
Douze jour avant le congrès, il suffit de voir la composition du futur collectif d'animation de la fédération pour connaître les orientations qui seront mises en œuvre dans les années qui viennent. On fabrique une direction fédérale avant de savoir vers quoi  et comment elle va conduire la fédération. On décide qui va mettre en oeuvre sans savoir ce qu'il y a à mettre en œuvre.
A l'heure de la déréglementation sans bornes et de l'ouverture du capital, nous n'avions vraiment pas besoin de çà !
Si nous voulons lutter pied à pied contre le libéralisme et la privatisation, si nous voulons mettre les personnels en ordre de bataille en leur donnant la fédération dont ils ont besoin pour gagner, ce congrès de Biarritz revêt une importance primordiale et les syndicats, les délégués doivent définir des orientations claires en ce sens.
S'il s'agit d'entériner des documents ficelés d'avance (même assortis de quelques amendements sans grandes conséquences) et d'élire une Commission Exécutive à dominante réformiste, ce congrès marquera d'une pierre noire l'histoire d'une fédération à laquelle ce ne sont pas ceux qui l'affirment qui y sont le plus attachés.

 Nous sommes nombreux à avoir souvent utilisé le qualificatif de réformistes ou même réformards (avec une connotation fortement péjorative) vis à vis des syndicalistes qui trahissaient le salariat en lutte pour ses revendications les plus légitimes.
La seule vraie question qui nous est posée aujourd'hui est : "Sommes nous prêts à adopter leur vision du syndicalisme ou bien devons nous nous accrocher à nos valeurs et à la lutte des classe?". Le congrès se doit de trancher cette question !

 Puissent ces quelques lignes réveiller tous ceux qui se reconnaissent dans les actions de Marcel PAUL, René LE GUEN ou Augustin DUFRESNE, militants rassembleurs tout autant que révolutionnaires !

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